Construction de la plus grande réserve de vie sauvage française dans le Vercors

C’est officiel, un ancien zoo a été transformé en une nouvelle réserve de vie sauvage de France dans le Vercors. Le territoire a été racheté par l’association Aspas avec le soutien de milliers de donateurs. Le site constitue la plus grande réserve sur le territoire.

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Laisser faire la nature

La nouvelle plus grande réserve de vie sauvage de la France est implantée sur le domaine de Valfanjouse à Léoncel dans la Drôme. Le site occupe près de 500 ha de terrains dans le Vercors et accueille des sangliers, des insectes, des oiseaux, des renards, des cerfs… L’association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a pris possession des lieux depuis fin novembre 2019. Elle termine les dernières installations.

La réserve a pour principe la non-gestion. Clément Roche, coordinateur des réserves de vie sauvage de l’Aspas, résume cette méthode particulière par la libre évolution où la nature a tous les droits. Cette technique implique l’absence de chasse et de gestion des forêts. Le coordinateur ne compte aucun milieu sur le sol français semblable à celui-ci.

Contester les modes de gestion publics

Le maître de conférences en géographie à l’Université de Poitiers qualifie cette gestion singulière de nouvelle forme de contestation des modes de gestion publique. En effet, ces démarches n’ont rien à voir avec méthodes de gestion classique de la nature en Europe. L’UE se base sur les activités agricoles à long terme dans sa stratégie de contrôle de l’écosystème.

Afin d’appuyer cette protestation, le réseau Rewilding Europe a commencé un « réensauvagement d’espace européen ». Cette réserve française est le quatrième site placé sous la tutelle de l’Aspas après 2 sites dans la Drôme et un autre dans les Côtes-d’Armor. Toutes ces réserves s’inscrivent dans le réseau de Rewilding Europe.

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Des milliers de donateurs

L’acquisition a été rendue possible grâce à une collecte massive de plus de 2 millions d’euros. Clément Roche et ses collaborateurs ont pensé pouvoir compter sur la générosité de mécènes. Pourtant, 25 000 contributeurs ont suffi pour financer le projet. Le coordinateur constate un changement de mentalité de la part des particuliers ayant soif de verdure. Cette mobilisation de grande ampleur a été motivée par l’inefficacité des dispositifs publics de protection de la nature, selon Régis Barraud.

Rappelons que le premier appel avait été lancé par le présentateur Hugo Clément. Cette première tentative en novembre 2019 s’est soldée par la collecte de 150 000 euros.

L’intervention humaine inutile

Le principe de libre évolution sous-entend l’absence totale d’une intervention humaine. Ce type d’autogestion ne peut être que bénéfique, d’après l’écologue au Muséum national d’histoire naturelle François Sarrazin. En effet, des dynamismes vont se créer. Certaines espèces conquerront des territoires, tandis que d’autres s’y soumettront. Ce sera un monde de prédateurs et de proies. Évidemment, des visiteurs pourront s’introduire sur les lieux afin d’admirer la beauté de la faune et de la flore sauvage.

Des espèces exogènes introduites dans le site

Les dernières installations de la réserve ne s’achèveront que dans quelques mois. Sur 480 ha, 200 seront entourés de grillages. Cette zone est un ancien enclos de chasse où des chasseurs ont placé des espèces exogènes (c’est-à-dire des espèces hors de l’écosystème du Vercors). Ils bénéficieront d’un point de chute grâce au soutien de la fondation Brigitte Bardot.

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Protéger 30 % des aires marines et terrestres

Le Président de la République a récemment annoncé sa volonté de relever à 30 % la part des aires marines et terrestres à protéger d’ici 2022. Cependant, les mesures étatiques demeurent insuffisantes et inadaptées au contexte actuel. Les actions gouvernementales se limitent à une acquisition des terres et une protection inadéquate. Le pays refuse de se soumettre à l’évolution libre. Pourtant, ce principe est essentiel, car la réserve constitue un laboratoire naturel favorable à l’étude du mode de fonctionnement de l’écosystème sans perturbation humaine.