Générations Futures s’insurge que des pesticides se retrouvent dans l’air

Les pesticides sont décidément partout ! Dans le sol, dans les fruits et légumes, dans la nappe phréatique et dernièrement, on en a trouvé dans l’air atmosphérique. L’ONG Générations Futures s’insurge et alerte le monde sur la présence de ce produit dans l’atmosphère. D’autant plus qu’il y est en quantité considérée cancérigène, mutagène, reprotoxique ou perturbateur endocrinien.

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Des analyses complémentaires pour une confirmation des résultats

L’alerte donnée par l’ONG repose sur les informations publiées par ATMO France dans le rapport PhytAtmo. Cette fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air a compilé toutes les mesures de concentration de pesticides dans l’atmosphère sur toute la France.

Générations Futures a par la suite, cherché à déterminer lesquels des pesticides détectés dans l’air, sont des perturbateurs endocriniens et lesquels sont CMR ou cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques. Ces deux classes de pesticides ont la caractéristique d’être toxiques même à concentration très faible.

Comme chaque association de la fédération n’utilise pas les mêmes techniques et ne détecte pas les mêmes molécules, Générations Futures a effectué deux analyses complémentaires pour confirmer les résultats obtenus et éliminer toute éventuelle erreur.

La première portait sur la Corse, le Hauts-de-France, le Grand Est, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et le Centre-Val de Loire. La deuxième concernait quant à elle toute la France.

La contamination de l’air, un souci pour toute la population

Pour la première analyse, 52 différentes substances actives ont fait l’objet de détection pour un total de 1 633 molécules identifiées et mesurées au moins une fois dans les régions testées. Sur ces 52 substances, 28,83 % étaient des pesticides de la catégorie des CMR et les 61,53 % étaient des pesticides soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.

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La seconde étude faisait état de 104 différentes substances actives trouvées dans les douze régions. 33,65 % relèvent de la catégorie des pesticides CMR et 66,34 % entrent dans celle des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Ces résultats confirment le fait que l’air est l’une des principales voies d’exposition réelle de chaque individu de la population de la Terre, en France comme ailleurs. Ceci représente un véritable souci notamment pour les catégories de personnes dites vulnérables comme les riverains des zones cultivées dont le degré d’exposition est particulièrement élevé.

La présence des pesticides identifiés comme perturbateurs endocriniens dans l’air est très préoccupante. Pour ces substances, en effet, c’est le temps d’exposition qui en maximise les conséquences et non la quantité auxquelles est exposé l’individu. Même une dose minime de ces substances pourrait donc provoquer de terribles effets si l’exposition se fait sur une période-clé de la vie.

Débarrasser l’agriculture de tous les pesticides de synthèse

Générations Futures par le biais de son directeur, François Veillerette, tire la sonnette d’alarme pour conscientiser les pouvoirs publics sur ce risque. Ces derniers doivent rechercher une solution pour réduire voire supprimer l’utilisation de pesticides de synthèse en agriculture. L’ONG a d’ailleurs déjà exprimé cette demande vers la fin du mois de novembre 2019.

Cette ONG demande également que le retrait de toutes les substances reconnues être des perturbateurs endocriniens ou CMR soit terminé le plus rapidement possible. Celles soupçonnées de l’être doivent aussi connaître le même sort pour éviter tous les risques inhérents à leur utilisation. Il faudrait aussi mieux informer les populations rurales qui sont les plus exposées et mettre en place des zones tampons d’au moins 100 mètres pour une protection plus effective.

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Un arrêté a d’ores et déjà été publié en faveur de la demande de Générations Futures au début de l’année 2020. Il met en place des zones de non-épandage de pesticides aux alentours des habitations de la France. Cette zone n’est toutefois que de trois à vingt mètres en fonction des cultures existantes. Ce qui est en définitive, bien loin des cent mètres exigés par l’ONG.