La distance d’épandage dans l’usage du pesticide confirmée par le gouvernement

C’est officiel, le gouvernement a décidé d’établir des distances minimales d’épandages à appliquer dans le cadre de l’usage des pesticides sur les cultures. Dès sa sortie, la décision a été l’objet de nombreuses critiques de la part des activistes écologistes et des agriculteurs. Voici les points essentiels du dossier.

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La distance d’épandage en fonction des produits

L’arrêté sera appliqué à partir du 1er janvier 2020, confirmant un communiqué des ministères de la Transition écologique, de l’Agriculture et de la Santé. En outre, l’usage de pesticides dans les cultures qualifiées basses (les céréales et les légumes) nécessiteront une distance d’épandage de 5 m. Les cultures dites hautes (les vignes et les fruitiers) demanderont une distance de 10 m.

Les produits qualifiés de dangereux réclameront une distance de 20 m. Cependant, le glyphosate ne figure pas dans la liste des pesticides à haut risque. Rappelons que ce produit phytosanitaire a alimenté de nombreuses polémiques et a suscité nombre d’arrêtés ministériels anti-pesticides.

En ce qui concernent l’arboriculture et la viticulture, ces distances pourront être ramenées respectivement à 5 m et 3 m. Néanmoins, aucune restriction ne sera accordée à l’égard des cultures situées à proximité des établissements d’accueils de personnes vulnérables (comme les maisons de retraite, les écoles et les hôpitaux).

Utilisation de matériels de pulvérisation

Cette nouvelle règlementation implique l’usage de matériels de pulvérisations spécifiques. En effet, pour respecter la distance d’épandage, il faut un instrument équipé de système anti-dérive. L’adoption de chartes d’engagement départementales est également nécessaire. Ces appareils devront subir une concertation publique et solliciteront une validation des préfets. Les utilisateurs de produits phytosanitaires, en l’occurrence les gestionnaires d’infrastructures et les organisations agricoles ont suggéré ces mesures de précautions.

Dans une démarche plus écoresponsable, le gouvernement a octroyé une enveloppe contenant 25 millions d’euros. Cette somme est destinée à faciliter la réduction de l’usage des produits phytosanitaires.

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Une initiative en faveur de la santé publique selon le gouvernement

La ministre de l’Environnement Élisabeth Borne a déclaré dans un communiqué que cette initiative vise à protéger la santé des riverains implantés dans les zones de traitement ainsi que celle des exploitants agricoles. Elle a également souligné que le gouvernement recherche un moyen pour faciliter l’entente entre les riverains, les élus locaux et les agriculteurs.

Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a également indiqué que la décision s’appuie sur les connaissances scientifiques disponibles. De plus, il considère cette loi comme une avancée pour le pays, car cette démarche n’est uniquement appliquée que dans quelques pays européens (comme l’Italie et la Slovénie).

Une décision critiquée par les écologistes

L’initiative a entraîné de nombreux débats entre les grands syndicats environnementaux. Les environnementalistes dénoncent les lobbies agricoles et ceux des industries phytosanitaires. L’ONG Génération futures s’est portée volontaire pour analyser « toutes les possibilités de recours » sur la situation.

La Fondation Nicolas Hulot a également exprimé son opinion. Selon elle, l’initiative n’est pas en accord avec les enjeux sanitaires et environnementaux. Plus directe, France Nature qualifie la décision de cadeau de Noël empoisonné. La Confédération paysanne, elle, soupçonne une tentative du gouvernement de se dédouaner face aux problèmes relatifs à la santé de la population. Elle dénonce ainsi la « politique publique de sortie des pesticides ».

Colère chez les agriculteurs

Les agriculteurs sont loin d’être satisfaits de la nouvelle règlementation, car elle risque de nuire au rendement. En effet, rien que dans le département de la Haute-Garonne, la future loi concerne 23 000 ha de cultures. Aussi, les distances d’épandages énoncées risquent de limiter la production de 17 à 21 %. Rappelons qu’une zone non traitée par les produits phytosanitaires représente une zone perdue.

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Pour renforcer cette colère, un agriculteur martèle que les conditions de retraites sont déjà déplorables et que leur patrimoine foncier constitue leur unique ressource. L’application de cette nouvelle règlementation abaisserait davantage leur revenu.