La France en 10ème position des pays les plus touchés par les conséquences économiques de la crise écologique, selon WWF

Le déclin de la nature générera une perte de grande ampleur à tous les pays. C’est le constat du dernier rapport du WWF publié le jeudi 13 février. L’étude focalisée sur 140 états a été réalisée en partenariat avec le Global Trade Analysis Project et de Natural Capital Project. Voici l’essentiel de l’enquête.

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Un rapport effrayant de Global Futures

D’après le rapport baptisé Global Futures, l’impact économique de la disparition de la nature coûtera au minimum 479 milliards de dollars par an, soit environ 441 milliards d’euros. Cette perte équivaut à dix mille milliards de dollars d’ici 2050, soit approximativement 9 205 milliards d’euros. Cette somme correspond au total des économies du Royaume-Uni, de l’Inde, de la France et du Brésil.

Les États-Unis figurent en tête de liste des pays les plus touchés en valeur absolue du PIB. Leur perte atteindrait 83 milliards de dollars d’ici 2050 ou l’équivalent de la totalité du PIB annuel du Guatemala. En seconde place arrive le Japon avec une perte de 80 milliards de dollars suivis du Royaume-Uni avec 21 milliards de dollars par an. Ces 3 pays seront les cibles d’une série d’inondations, d’érosions côtières en plus d’un effondrement des défenses naturelles (les mangroves et les coraux).

Les futures pertes par secteur

Les 479 milliards de dollars par an d’ici 2050 sont répartis selon différents secteurs d’activités. Les zones côtières se dégraderont rapidement, engendrant 327 milliards de dollars de perte. Le stockage de carbone perdra 128 milliards de dollars. Les absences d’abeilles et d’insectes pollinisateurs provoqueront un gaspillage de 15 milliards de dollars. La pénurie d’eau pour l’arrosage des terres cultivables générera une perte de 19 milliards de dollars. Pour finir, les manques de forêts se traduiront par une perte de 7,5 milliards de dollars.

8,4 milliards de dollars par an pour la France

La France, en 10e place, perdra 8,4 milliards de dollars chaque année, soit l’équivalent de 7,7 milliards d’euros. D’ici 2050, cette perte économique s’élèvera à 173 milliards de dollars (environ 160 milliards d’euros). Cette somme correspond au PIB de la Slovaquie. L’effondrement économique sera causé par l’érosion des côtes, la réduction de la production halieutique et la limitation du stockage du carbone, des apports en eau et de la pollinisation.

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L’Afrique de l’Est et de l’Ouest, les parties de l’Amérique du Sud et l’Asie centrale subiront une perte de nature. Ce phénomène bouleversera la capacité de production, le commerce ainsi que le coût des denrées alimentaires.

Agir dès maintenant pour inverser la tendance

L’étude s’est achevée par une note quelque peu positive. En effet, la trajectoire vers une catastrophe économique majeure peut être déviée à condition de prendre les mesures nécessaires dès à présent. L’enquête souligne l’importance d’une meilleure gestion des terres afin de conserver la biodiversité et les services écosystémiques.

Le WWF appelle tous les États, les acteurs économiques, les responsables financiers et locaux à se mobiliser. Un accord global est impératif, selon le directeur des programmes du WWF France. La France doit montrer l’exemple en proposant son ambition dans la lutte contre la déforestation, la limitation des pesticides et la réduction des GES, continue-t-il. 2020 constitue une année décisive qui marque la fin ou au contraire le début d’une nouvelle ère.

L’essentiel du rapport du WWF

Le rapport a insisté sur l’impact du réchauffement climatique dans le secteur agricole. La filière subira une pénurie d’eau, un déclin des abeilles et de tous les insectes pollinisateurs. Cet écroulement agricole provoquera une forte hausse des prix des denrées alimentaires et un ébranlement de la sécurité alimentaire à travers toutes les régions du monde.

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Pour finir, la raréfaction des matières premières générera une explosion des prix de :

  • 8 % pour le bois
  • 6 % pour le coton
  • 4 % pour les graines oléagineuses
  • 3 % pour les fruits et légumes