L’Assemblée nationale favorable à l’agrocarburant

Les députés de la mission d’informations sur les agrocarburants mise en place en décembre 2018 viennent de publier leur rapport le 22 janvier dernier. Ce rapport met en avant les différentes difficultés de la mise en place de ce biocarburant sans pour autant avancer des propositions concrètes.

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Une alternative intéressante pour la France

Avec le réchauffement climatique qui fait débat, le biocarburant est un des moyens pertinents d’y remédier. Mais plus que pour une question d’écologie, cette option est bénéfique pour l’agriculture, car un tel projet donnera un coup de pouce à l’agriculture locale. En effet, les champs français sont à l’origine de 96 % de la production de carburants naturels. Les 4 % restants proviennent de déchets organiques, toujours dans l’esprit de préserver l’environnement. Par exemple, cette alternative représente un excellent débouché pour le colza et pour la betterave. Le plus grand avantage est que cela ne va aucunement perturber la Surface Agricole Utile. Rappelons que la production de biocarburant ne représente que 4 % de la SUA, et ce, de 2014 à aujourd’hui. L’agrocarburant ne représente donc aucun danger pour l’alimentation.

Non à l’huile de palme

Si le carburant fabriqué avec des huiles d’origine végétale séduit, l’huile de palme n’entre pas en ligne de compte. Si on revient sur l’histoire, l’huile de palme a longtemps fait polémique avec la question de la déforestation, à une ère où la guerre pour protéger l’environnement fait rage. La transformation de la raffinerie Total de la Mède en bioraffinerie entièrement dédiée à l’huile de palme a mis de l’huile sur le feu. Pour sceller le destin de cette huile à polémique, elle a été exclue de la liste des biocarburants qui permettent de bénéficier de quelques avantages fiscaux par l’Assemblée nationale. Cette décision a été prise contre l’avis du gouvernement français.

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Le changement d’affectation des sols est aussi une problématique dans la production de biocarburant. En effet, certains propriétaires préfèrent changer leur fusil d’épaule pour alimenter les fabricants d’agrocarburants. Avec le changement d’affectation des sols, ceux-ci perdent en capacité de stockage de carbone. Dans ce cas, le biocarburant perd tous ses avantages écologiques face aux carburants traditionnels. Pour remédier à ce problème, il est indispensable de faire une analyse de cycle de vie.

Les industriels de l’automobile appelés à l’action

La mission d’information sur les agrocarburants a lancé un appel aux industriels français de l’automobile pour promouvoir cette nouvelle source d’énergie. Pour cela, il est capital de mettre en place « une politique bien plus active ». Les députés ont pointé du doigt les constructeurs qui proposent depuis des années des voitures hybrides qui fonctionnent à l’essence et peuvent basculer vers l’électrique. Alors, pourquoi ne pas proposer des équipements de série « flex fuel » qui permettent aux voitures de rouler à l’essence traditionnelle et aussi avec du biocarburant comme c’est déjà le cas dans des pays comme en Amérique latine. Pourtant les coûts restent avantageux avec seulement 1 000 euros. Ce manque d’enthousiasme quant à la fabrication de voitures flex fuel et son manque de succès s’explique par le manque de stations d’approvisionnement.

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Avec la problématique de l’émission d’effet de serre, le biocarburant est une alternative salvatrice pour l’alimentation des véhicules thermiques anciens modèles qui ne peuvent pas être transformés en électrique. En effet, cela permettra de diminuer l’émission de gaz à effet de serre de 60 à 75 %. Toutefois cela ne peut être avantageux que si les matières premières à utiliser proviennent des champs français et ne sont pas importées comme l’huile de palme. La mission a également appelé à la mise en place d’une fiscalité qui avantage davantage le biocarburant.