Les affirmations de la ministre de la transition écologique concernant le sauvetage du nucléaire

Les membres de l’Assemblée nationale ont questionné tous les acteurs concernés sur l’avenir du nucléaire. L’audition du 8 janvier 2020 s’est déroulée avec la ministre de la transition écologique et solidaire Elisabeth Borne. Voici ce qu’il faut retenir de cette interrogation.

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Les décisions sur le nucléaire n’appartiennent pas au gouvernement, selon Élisabeth Borne

Le 8 janvier 2020, les commissions des affaires économiques et du développement durable de l’Assemblée nationale ont interrogé Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire. Cette dernière a déclaré que les décisions sur les questions nucléaires n’appartiennent pas au gouvernement. Elle a également constaté des manques dans les projets d’EDF. Il faut rappeler que les commissions des affaires économiques et du développement durable ont auditionné successivement Jean-Martin Folz (auteur du rapport sur la construction de l’EPR de Flamanville) et Jean-Bernard Levy (PDG d’EDF) avant de questionner la ministre concernant les perspectives d’avenir de la filière nucléaire en France.

Rappelons que le rapport Folz portait sur les sources des dérapages de délais et les coûts engendrés par le chantier de construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville dans la Manche. Ce texte avait été publié le 28 octobre 2019. Depuis cette publication, la ministre de la Transition écologique a déclaré que le gouvernement ne prendra part à aucune décision avant la mise en service de l’EPR. Cependant, EDF ne projette un changement de combustible qu’après les élections présidentielles prochaines ou en fin 2022.

Le calendrier de décision

Le lancement du programme du nouveau nucléaire en France est toujours en attente. Ce retard s’explique par le fait que le projet attend la copie sur l’EPR 2 ainsi que les conditions techniques et le financement de la part d’EDF. L’ensemble de ces éléments devra être remis en mi-2021 au plus tard.

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Les députés ont également interrogé le point de vue de la ministre concernant le plan Excel d’EDF sur la filière nucléaire du 13 décembre 2019. Elisabeth Borne s’est montré quelque peu évasive. Elle a seulement indiqué que le secteur du nucléaire mettra à exécution son propre plan en mars 2020. De plus, la ministre attendrait encore les « indicateurs de performances » avancés par EDF pour suivre le bon déroulement du programme.

Le technocentre à Fessenheim

Au cours de son audition, la ministre a partagé son opinion sur le projet d’EDF de construire un technocentre pour traiter les déchets métalliques en provenance de la déconstruction des centrales après leur arrêt. Ce programme s’inscrit au niveau européen. Il concernera le site de la centrale de Fessenheim où 2 réacteurs seront mis en arrêt en février et en juin 2020. La ministre a révélé son pessimisme face au projet, car elle pense qu’il n’est pas « facilement concrétisable ».

Les Allemands seraient, en effet, contre cette initiative de traiter les éléments métalliques avec un technocentre. Ils répugnent surtout à l’idée de déplacer leurs déchets nucléaires jusqu’en France. De plus, Elisabeth Borne admet son incapacité à convaincre les Allemands sur les avantages de la filière nucléaire.

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Le moxage du palier 1 300

Elisabeth Borne a été moins précise en abordant les questions sur les déchets du nucléaire. Elle a simplement évoqué que le gouvernement publiera ses commentaires concernant le débat sur le PNGMDR (Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs) en février 2020. De même, la ministre n’a lâché aucune information concernant les problématiques qui tournent autour de la libération des déchets à très faibles activités. Elle a uniquement parlé de rendre « moxable » les réacteurs du palier 1 300 MW. En d’autres termes, permettre aux réacteurs d’utiliser du combustible recyclé, encore appelé « mox ».