Les forêts du Grand Est subissent les conséquences du réchauffement climatique

Ce sont les forêts du Grand Est qui subissent en premier les conséquences du dérèglement climatique. Les sapins qui jaunissent à vue d’œil constituent un signe révélateur du manque d’eau des arbres. Face à ce phénomène, les scientifiques se mobilisent pour trouver des solutions durables. Leur suggestion est de substituer aux forêts une végétation plus résistante.

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Un projet d’adaptation des forêts selon le changement climatique

Les cèdres de l’Atlas sont aujourd’hui l’objet d’une étude approfondie. La recherche est menée au centre régional de la propriété forestière (CRPF) du Grand Est. Rappelons qu’il s’agit d’une espèce d’arbre conifère issu de la famille des Pinaceae qui a été considérée comme une sous-espèce du cèdre du Liban. Cette essence ranime les espoirs des scientifiques, car elle est vue comme un substitut aux essences des forêts du Grand Est. Cependant, l’expérimentation peut s’étaler sur 20 ans selon le spécialiste Jean Baptiste Wokan du CRPF.

Le cèdre de l’Atlas apporte des avantages non négligeables: la plante est en mesure de croître dans des terrains hostiles qui ne contiennent qu’une quantité infime d’eau, et des terrains calcaires. Néanmoins, les connaissances concernant leur faculté d’adaptation soulèvent encore quelques zones d’ombres. Pour accélérer l’étude, le projet est soutenu par INRA de Nancy (Institut national de la recherche agronomique) et ONF (Office national des forêts).

Le Grand Est souffre du dérèglement climatique

Le Grand Est figure parmi l’une des régions de France les plus boisées, grâce à son taux de boisement à hauteur de 33 %. Parmi la végétation dominante figurent les chênes et les hêtres. Les montagnes, elles, sont le domaine de prédilection des sapins et des épicéas. Les sapins de douglas se trouvent également en forêts, mais ils constituent des essences de reboisement.

Les forêts souffrent aujourd’hui des conséquences dramatiques du réchauffement climatique. Selon Brigitte Musch, généticienne chez ONF, le dérèglement climatique n’a jamais été aussi rapide. D’après la spécialiste, le projet d’adaptation des forêts face aux changements météorologiques reste encore incertain.

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Les spécialistes de la forêt se mobilisent pour trouver une solution urgente

Au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), Nathalie Breda, directrice de recherche, s’engage à trouver des solutions pour l’adaptation des forêts aux conditions climatiques actuelles. La scientifique a en effet remarqué que malgré le manque hydrique, certaines espèces peuvent survire voire se développer en restreignant la transpiration de leurs feuilles.

Pour d’autres chercheurs, l’étude se focalise sur une sélection génétique des plantes. Dans ce cas, le tri s’opère en fonction du genre, de l’espèce, des phénotypes ou des variétés. Malgré ces études, une problématique économique persiste. En effet, les essences de substitutions pourront-elles contribuer à la santé économique du pays (dans le cadre d’une transformation du bois) ?

La maladie de la chalarose

Pour le propriétaire forestier en Argonne Antoine Bourguignon, le réchauffement climatique n’est pas l’unique problème auquel les forêts du Grand Est doivent faire face. Les maladies sont tout aussi inquiétantes. En effet, la maladie dite « chalarose » frappe durement les forêts du Nord qui sont actuellement sous la gestion de l’ONF. Selon ce dernier :

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  • 46 % des forêts sont touchés à Boulogne (soit 920 ha)
  • 36 % des forêts sont touchés à Desvres (soit 410 ha)
  • 36 % à Vimy (soit 60 ha)
  • 32 % à Hardelot (soit 190 ha)
  • 17 % à Nieppe (soit 420 ha)

Cette maladie engendrée par un champignon, appelé chalara fraxinea venu d’Asie, a fait son apparition en Europe il y a 15 ans (plus précisément en Pologne). Depuis sa manifestation, l’ONF et l’INRA œuvrent ensemble pour localiser les arbres malades et éradiquer l’épidémie. Les chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique de Nancy tentent d’appréhender le mode de dispersion du champignon afin d’arriver à le circonscrire.