Les vêtements seront étiquetés en fonction de leur impact environnemental

La mode rapide a dominé et remodelé l’industrie de la mode depuis les années 1990 et a été l’un des principaux moteurs de ses énormes émissions de gaz à effet de serre et de son impact environnemental dévastateur. Le ministère de l’Écologie réunit ce mardi les principaux acteurs de la mode pour mettre en place des étiquettes de notation de l’impact écologique d’un vêtement.

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Plus de carbone que les vols internationaux

À ce stade, certaines parties de la vie moderne sont largement connues pour causer des dommages à l’environnement — voler à l’étranger, utiliser des objets en plastique jetable et même conduire vers et depuis le travail, par exemple. Mais quand il s’agit de nos vêtements, les impacts sont moins évidents.

Alors que les consommateurs du monde entier achètent plus de vêtements, le marché croissant des articles bon marché et des nouveaux styles pèse sur l’environnement. En moyenne, les gens ont acheté 60 % de vêtements en plus qu’en 2014. La production de mode représente 10 % des émissions de carbone de l’humanité, assèche les sources d’eau et pollue les rivières et les ruisseaux.

De plus, 85 % de tous les textiles vont à la décharge chaque année. Et le lavage de certains types de vêtements envoie des milliers de morceaux de plastique dans l’océan. L’industrie de la mode qui produit 10 % de toutes les émissions de carbone de l’humanité, est également le deuxième plus grand consommateur de l’approvisionnement en eau du monde et pollue les océans avec des microplastiques.

En Europe, les entreprises de mode sont passées d’une offre moyenne de deux collections par an en 2000 à cinq en 2011. Beaucoup de ces vêtements finissent dans la décharge. L’équivalent d’un camion à ordures plein de vêtements est brûlé ou jeté dans une décharge chaque seconde.

Un étiquetage environnemental aux vêtements

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a publié que la mode émet plus d’un milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, dépassant largement les vols internationaux et le trafic maritime réunis.

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Conscient de la notion de pollution textile, le gouvernement et les principaux acteurs de l’industrie se sont réunis ce mardi pour imposer un nouveau système : noter les vêtements en fonction de leur impact sur l’environnement. On se penche tellement vers les voitures et les avions, qu’on en oublie qu’un coton parcourt presque deux le tour de la Terre avant d’atterrir dans une boutique. En d’autres termes : l’industrie de la mode est une des plus polluantes au monde.

L’étiquetage environnemental aux vêtements fonctionne un peu comme Nutri-score pour les alimentations. Les notes iront de A (les plus respectueux de l’environnement) jusqu’à E (ceux qui sont les moins avancés en termes de responsabilité écologique). En ce qui concerne les critères d’évaluation, leur mise en place revient à une dizaine d’acteurs de la mode qui ont un délai de 18 mois.

Une note, plusieurs critères

L’affichage environnemental des vêtements, et du textile en général, sera appliqué avant tout pour les vêtements neufs vendus en boutique. Cette mesure a été prise afin de sensibiliser les consommateurs sur les caractéristiques environnementales du produit. Les vêtements sont notés par rapport aux matières premières utilisées et à d’autres éléments en rapport avec l’environnement et la santé : acidité de l’eau, toxicité aquatique, ressources minérales, émissions de gaz à effet de serre, ressources énergétiques… Si noter tout cela sur l’étiquette est impossible, la marque doit les renseigner sur son site Internet.

70 acteurs de l’industrie de l’habillement ainsi que des grandes marques comme Système U, H&M ou encore LVMH à Aigle ont approuvé cette mesure. L’étiquetage ne sera pas obligatoire, mais fortement recommandé au début, le temps de mettre en place une directive européenne.

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Certaines entreprises comme Okaïdi ou Décathlon ont testé cet étiquetage. Elles ont confié que cette mesure va changer leur point de vue et qu’elles seront plus vigilantes quant au choix de matières utilisé.