Pollution des mers : les ostréiculteurs menacés

Certains coquillages sont depuis quelques semaines contaminés par le norovirus, qui cause la gastro-entérite chez l’humain. Ce phénomène peut porter directement atteinte à l’ensemble de la production des ostréiculteurs, avec des conséquences dramatiques sur le plan économique. Les détails.

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La pollution : un fléau qui dévaste tout sur son passage

Personne ne semble être épargné par la pollution. Dans l’Hexagone, les ostréiculteurs en souffrent énormément. Cela fait déjà de nombreuses semaines que les coquillages sont victimes de la contamination du norovirus, le virus responsable de la gastro-entérite chez l’homme.

Cette situation est principalement engendrée par la pollution des mers par les eaux usées, dont le traitement a été mal réalisé. Alors que les porte-parole de l’ostréiculture française ont été reçus par le ministre de l’Agriculture, ce dernier s’est engagé à offrir son aide aux sociétés qui rencontrent actuellement des difficultés, par rapport à cette pollution des eaux marines.

400 entreprises, voire plus, touchées par le problème

Selon le recensement effectué par le ministère de l’Agriculture, 23 bassins conchylicoles, qui produisent des huîtres, ainsi que des praires et des moules, ont été fermés à cause du problème de contamination. Certains de ces sites sont en Charente-Maritime, d’autres en Normandie de même qu’en Méditerranée.

Dans le département de l’Hérault, après une décision de la préfecture de stopper momentanément la vente de coquillages le 10 janvier dernier, des moules et des coquilles d’huîtres ont dû être rejetées à la mer.

Plusieurs autres sites ont été contraints de cesser leurs activités au cours du mois de décembre 2019, alors que cette période est particulièrement prospère pour les producteurs. La fin d’année est en effet la période durant laquelle les consommateurs achètent les huîtres en grande quantité.

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Selon les propos de Renan Henry, chef d’une entreprise implantée dans la rivière de Crac’h, dans le Morbihan depuis cinq générations, la fin d’année est la période qui contribue à plus de la moitié de son chiffre d’affaires. Au vu de cette situation, le ministre de l’Agriculture a pris l’engagement d’accorder des indemnités aux entreprises victimes de cette contamination. Il est à souligner que les entreprises concernées par le problème sont au nombre de 400.

La contamination des huîtres provoquée par l’homme même

L’homme est en fait l’unique responsable du norovirus, indique le Comité national de la conchyliculture ou CNC. Les huîtres ne sont atteintes d’aucune maladie. Elles portent simplement le virus, car celui-ci est contenu dans l’eau qu’elles filtrent.

D’après les ostréiculteurs, les centres d’épuration et les réseaux d’assainissement déjà défectueux ont été encombrés à cause des fortes pluies constatées pendant les semaines passées. Ceci a amené les eaux usées à la mer, alors qu’elles auraient dû d’abord passer par un processus de traitement.

D’ailleurs, Renan Henry a tenu à dénoncer ces défaillances en matière d’assainissement urbain. Avant 2014, la communauté des communes consacrait une somme annuelle de 10 millions d’euros pour l’assainissement. À ce jour, la part a été baissée à 4 millions, ce qui équivaut à une réduction de 60 %. Il est normal que les stations ne fonctionnent pas correctement.

Quoi qu’il en soit, le vice-président du conseil régional et responsable de l’environnement Thierry Burlot précise que cette transmission virale provient de la terre. Il ajoute qu’il est grand temps d’agir afin de remédier aux lacunes de l’assainissement. Il faudra que la région soutienne les collectivités pour remettre ces infrastructures aux normes.

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Depuis le début du mois de décembre 2019, le ministère de l’Agriculture a décelé 179 cas suspicieux de toxi-infection alimentaire collective, relatifs à la consommation d’huîtres. Bref, l’heure est à l’action, pour éviter que la situation ne s’aggrave.