Près de 6,8 millions de personnes touchées par la précarité énergétique en France selon ONPE

L’ONPE a réalisé sa première enquête sur la précarité énergétique en 2013. À cette époque, il estimait que 6 millions de Français avaient du mal à payer leurs factures d’énergie. Sa dernière enquête en 2018 a cependant dévoilé une hausse de ce phénomène jusqu’à 6,8 millions en France. L’ONPE a avancé plusieurs solutions pour combattre ce fléau.

Pub

3,4 millions de ménages concernés par la précarité énergétique en France

Selon les dernières statistiques de l’ONPE ou Observatoire National de la Précarité Energétique, près de 3,4 millions de ménages (soit 6,8 millions de personnes) éprouvent de la difficulté à payer leurs factures d’énergies en 2018. Ce chiffre publié le mardi 07 janvier 2020 inquiète le gouvernement. C’est 11,7 % des ménages français qui sont touchés par cette situation. D’après l’observatoire représenté par son président Arnaud Leroy, cette hausse s’explique par l’augmentation structurelle des prix de l’énergie en plus d’une hausse du taux de pauvreté.

Entre l’hiver 2018 et 2019, 15 % des ménages français ont révélé avoir ressenti une sensation de froid depuis chez eux pendant au minimum 24 heures. Ce constat a été enregistré par le médiateur national de l’énergie. Comme principales causes relevées, les maisons concernées souffrent :

  • D’une mauvaise isolation thermique (dans 41 % des cas)
  • De panne de chauffage (dans 24 % des cas)
  • D’un appareil de chauffage moins performant (dans 20 % des cas)

Les indicateurs de mesure de la précarité énergétique

Pour mesurer le taux de précarité énergétique, l’observatoire utilise 2 indicateurs : le taux d’effort énergétique et le ressenti du froid. Le premier indicateur correspond à la part des dépenses totales du foyer consacrées aux énergies. Il existe un seuil de 8 % qui délimite la situation d’un ménage touché par la précarité énergétique. Pour 2018, le taux a augmenté après 2 années de baisses. Pour sortir de cette situation, les aides financières jouent un rôle capital. D’ailleurs, en 2019, 5,7 millions de ménages ont bénéficié du chèque énergie contre 3,6 millions en 2018.

Pub

Rénover les logements pour lutter contre la précarité énergétique

Pour combattre la précarité énergétique, le président de l’ONPE avance deux solutions. La première est de remédier aux causes du phénomène grâce à l’amélioration de la performance énergétique de chaque logement. La seconde est de verser une aide au paiement de la facture d’énergie au profit des ménages modestes. En avril 2018, le Plan de rénovation énergétique a recensé entre 7 à 8 millions de passoires thermiques en France. D’ici 2025, l’ONPE s’est fixé comme objectif d’éradiquer les passoires thermiques du parc privé. Il projette également la rénovation de 500 000 logements chaque année.

Le 8 janvier 2020, le ministère de la Transition écologique et solidaire a révélé que l’Anah (Agence nationale de l’habitat) a rénové 155 000 logements en 2019, soit le double du chiffre de 2017. Ce progrès a été enregistré dans le cadre de l’aide MaPrimeRénov. Pour 2020, l’agence compte fusionner ses aides avec le CITE (Crédit d’impôt à la transition énergétique).

Pub

Le CEE pour la rénovation énergétique

Le taux élevé de précarité énergétique engendre une hausse des impayés de facture d’énergie. Cette dernière provoque à son tour une augmentation des coupures d’électricité et de gaz. Selon Arnaud Leroy, l’unique solution pour combattre ce fléau est le programme des Certificats d’Économies d’Énergie ou CEE. Rappelons que ce projet a vu le jour à la suite de la loi qui fixe les Orientations de la Politique Energétique, plus connu sous le nom de loi POPE du 13 juillet 2005. L’objectif du programme CEE est d’encourager collectivités, ménages, entreprises et administrations à effectuer des travaux de rénovation en vue d’une réduction de la consommation énergétique.