RE 2020 : treize professionnels lancent un appel au Premier ministre

Treize professionnels, issus notamment du secteur gazier, contestent la nouvelle RE 2020. Selon eux, celle-ci favoriserait le chauffage électrique dans les bâtiments neufs, au détriment du gaz. Ils font appel au Premier ministre.

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Une nouvelle RE qui favorise l’électricité

Les ministres du Logement et de la Transition Ecologique ont annoncé la nouvelle RE 2020 qui s’appliquera dès le 1er janvier 2020 dans les logements neufs. Dans cette réglementation fraîchement mise à la connaissance du public, le coefficient d’énergie primaire de l’électricité descendra de 2,58 à 2,3. Le contenu carbone du chauffage à l’électricité descendra également de 210 g de CO2/kWh à 79 g de CO2/kWh. Ces nouveaux chiffres selon les treize signataires, favoriseraient l’utilisation du chauffage électrique dans les nouvelles constructions, au détriment des autres sources d’énergie. L’électrique prendrait également l’avantage sur les systèmes de chauffage alimentés à partir de sources d’énergie renouvelable. Cette situation réduira à néant les impacts positifs environnementaux de la rénovation thermique. Pourtant, c’est la raison même de la mise en place de l’indice thermique.

Les rudes hivers non pris en compte dans ces chiffres

Les treize signataires se sont accordés à dire que les chiffres annoncés par les ministres ne correspondaient aucunement aux besoins des ménages français. Selon eux, le chiffre actuel qui est de 210 g correspond parfaitement à la demande en énergie lors des périodes de grands froids. La nouvelle valeur bientôt adoptée ne correspond qu’à la moitié de l’impact carbone en hiver et ce, toutes utilisations confondues. Les signataires appellent le gouvernement à revoir ces chiffres de facteur d’énergie primaire qui ne sont pas en accord avec les données actuelles. De leur côté, les différents acteurs de l’électricité rejettent cette polémique autour de la nouvelle RE 2020. Les ministres de la Transition écologique et du Logement entendent bien réunir les différents protagonistes pour discuter ensemble des éventuels impacts de cette nouvelle réglementation écologique sur les matériaux et les modes de constructions, sur le secteur du bâtiment.

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Vers une énergie du futur

La RE 2012 était indéniablement en faveur du gaz naturel dans les nouvelles constructions. Quelque 72 % des logements collectifs neufs sont dotés d’un système de chauffage au gaz, d’après une étude menée par Batiétude en 2017. Pourtant, cela ne concorde pas avec l’objectif de neutralité carbone fixé par le gouvernement. L’électricité, pour sa part, ne représente que 25 % de la consommation énergétique en France. D’après les prévisions, elle représentera seulement 50 % de l’énergie consommée dans 50 ans malgré un éventuel épuisement du gaz naturel qui sera tourné vers d’autres utilisations que la production d’énergie domestique.

Avec cette nouvelle RE 2020, la France fait un pas vers un rééquilibrage du coefficient d’énergie primaire. Attention, ce coefficient ne prend pas en compte les énergies renouvelables qui ne peuvent pas être quantifiées. L’électricité est une énergie décarbonée qui s’avère de plus en plus intéressante avec des appareils toujours plus performants qui facilitent la vie au quotidien. De plus, opter pour l’électricité c’est réduire considérablement les émissions de carbone dans l’atmosphère.

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 L’Union Française de l’Electricité (UFE) a appuyé ces nouvelles décisions ministérielles. Selon elle, ces changements sont indispensables pour atteindre les objectifs fixés dans la Stratégie nationale bas carbone 2050. Pour la question des pics de température en hiver, l’UFE a également tenu à préciser que 1 kWh d’électricité lors des périodes de grands froids reste moins carboné qu’1kwH de chauffage au gaz en temps normal. L’union a toutefois assuré que la filière n’arrêtera pas de chercher de nouveaux moyens d’améliorer l’efficacité thermique des appareils. Les professionnels de l’électricité envisagent une hausse du marché dans le secteur tertiaire et résidentiel (55 % en 2050) grâce à des appareils toujours plus performants.