Bilan européen sur la transition énergétique : la France toujours en retard

L’attention des médias est aujourd’hui portée sur le Green Deal. Ce programme de grande ampleur de la Commission Von der Leyen s’inscrit dans une démarche vers la sobriété énergétique d’ici 30 ans. Son ampleur a dissimulé l’apparition des données de l’Eurostat sur la part de l’énergie renouvelable. Pourtant, ces renseignements marquent les difficultés de certains pays, dont la France, à atteindre leurs objectifs.

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Eurostat, l’office statistique de l’Union Européenne

Eurostat, basé à Luxembourg, a publié son dernier rapport relatif aux énergies renouvelables, en l’occurrence les énergies éolienne, hydraulique et photovoltaïque. L’étude témoigne d’une hausse de 18 % de la consommation finale d’énergie brute. Ce taux révèle une hausse infinitésimale de l’avancement de la lutte écologique de 2020 dans le cadre du Paquet climat-énergie. L’utilisation des ressources durables n’a en effet augmenté que de 0,5 % par rapport à 2017 et de 9,5 % par rapport à 2004 (période de la première mesure écologique).

Le paquet climat-énergie 2020 consiste en un texte législatif concernant la transition énergétique, à l’initiative de la présidence allemande du Conseil de 2007 et signé en 2008. Le rapport indique le parcours des états de l’UE vers la neutralité carbone en 2050 et projette une baisse des GES à 27 % en 2020. Cependant, il remarque des difficultés dans l’atteinte de l’objectif d’efficacité énergétique.

Un retard constaté de la France

Sur les 26 pays de l’UE, 16 n’ont pas encore réussi à atteindre leur objectif de développement des énergies renouvelables. Parmi ces plus mauvais élèves figurent la France (16,6 % en 2018 contre 23 % en 2020) et les Pays-Bas (avec 7,4 % en 2018 contre 14 % en 2020). La Belgique et la Pologne s’ajoutent à la liste des pays encore à la traîne.

En outre, la France n’a connu qu’une hausse de 1,6 % des énergies renouvelables dans le mix énergétique entre 2015 et 2018. Ce taux reste très loin de l’objectif de 23 %. Cependant, le pays, à travers son président, s’est permis de critiquer les choix énergétiques des pays de l’Europe centrale et a également instauré son slogan : « Make our planet great again ». C’est ainsi qu’il a suscité de nombreuses critiques des partenaires européens qui le qualifient de « donneur de leçons ».

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Réviser les objectifs

La transition énergétique ne se réduit certainement pas au seul développement des énergies propres, malgré leur mise en exergue. En effet, chaque pays de l’UE est amené à promouvoir l’efficacité énergétique et à atténuer les gaz à effet de serre. En octobre 2014, le conseil européen a fixé dans le paquet climat-énergie de 2030 un nouvel objectif. Celui-ci fixe le développement des énergies renouvelables à 27 % et la réduction des GES à 40 %.

Pour ce faire, les gouvernements ont dû concevoir des Plans nationaux intégrés en matière d’Énergie et de Climat (PNEC). Ces programmes ont servi de base pour assigner les objectifs nationaux. Les résultats ont été présentés à la Commission fin 2018 avec une version finalisée fin 2019. Ces données constituent une base de travail pour l’élaboration des objectifs de 2023. Dans tous les cas, l’ensemble des états membres est incité à maximiser les efforts de lutte vers la neutralité carbone.

Les bons élèves de la transition énergétique

Le bilan européen a mis en lumière les bons élèves de la transition énergétique. Les 12 états comprennent :

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  • La Finlande
  • La Lettonie
  • La Suède
  • Le Danemark
  • La Croatie
  • L’Estonie
  • La Lituanie
  • La Grèce
  • L’Italie
  • La Chypre
  • La Tchéquie
  • La Bulgarie

Les pays baltes et les pays nordiques bénéficient d’une avance considérable, avec en tête la Suède (54,6 % d’énergies renouvelables incluses dans son mix énergétique). Ces pays partagent un même objectif : intégrer 20 % de plus de ressources propres dans leur bouquet énergétique. 8 ont largement surpassé les attentes, tandis que 3 sont y presque parvenu.