Changement d’heure et économie d’énergie : est-ce encore bénéfique ?

Le système de changement d’heure a été instauré respectivement en Angleterre, en Allemagne et en France au début du siècle dernier. Son objectif principal a été d’économiser l’énergie. Cependant, cette pratique de plus en plus controversée est-elle réellement bénéfique ?

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Comprendre le changement d’heure

Le changement d’heure a été établi par le Parlement européen depuis des années. Cependant, son impact écologique et énergétique laisse à désirer.

Le concept de changement d’heure

Le concept de changement d’heure a été évoqué pour la première fois en 1784. Quelques applications ont ensuite été réalisées durant les 2 guerres mondiales. Il a finalement été entériné par Valéry Giscard d’Estaing en 1976. Cette acceptation a fait suite au choc pétrolier de 1973-1974. À cette époque, le prix de l’énergie a atteint des niveaux vertigineux. Pour économiser en énergie, le gouvernement a instauré ce système. Il s’agit d’une alternance entre l’heure d’été et l’heure d’hiver afin de caler les heures d’activités sur les heures d’ensoleillement. Cette pratique limitant l’usage de l’éclairage artificiel, est donc censée entraîner des économies dans la consommation d’énergie.

2 changements annuels d’heure

Chaque année, 2 changements d’heures s’opèrent. Le premier intervient lors du passage à l’heure d’été et se déroule durant le dernier week-end de mars. Le second changement est réalisé lors du passage à l’heure d’hiver et s’opère le dernier week-end d’octobre. Pour l’heure d’été, la population avance d’une heure dans le but de rallonger les périodes d’ensoleillement. En d’autres termes, l’heure est avancée de 2 heures à 3 heures du matin. À l’inverse, pour l’heure d’hiver, l’heure est retardée de 3 heures à 2 heures.

Le changement d’heure n’est plus utile pour économiser de l’énergie

Pour 2019, le passage à l’heure d’hiver devait se tenir le 27 octobre. Cependant, le système a été abandonné.

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Un vote à l’unanimité sur la suppression de l’heure d’hiver

Les Européens ont voté à l’unanimité la suppression du changement d’heure. La mesure sera effective d’ici 2021. Cette loi a été adoptée à la suite de plusieurs propositions de la Commission européenne via son président d’alors, Jean-Claude Juncker. De plus, une consultation a été effectuée sur Internet qui a recueilli plus de 4,6 millions de réponses en faveur de l’arrêt de ce système. Dans le cadre du changement d’heure, il faut souligner que l’économie d’énergie réalisée en fin de journée est contrebalancée par un ensoleillement tardif (et donc un usage de lumière artificiel) en début de matinée.

Un résultat peu convaincant

Selon une étude réalisée en 2007, la pratique du changement d’heure n’engendre qu’une économie d’énergie moindre, entre 0,5 à 2,5 % selon les pays. Un autre rapport en 2009 de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie a révélé qu’elle ne permet que 440 GWh d’économie d’énergie (soit seulement 0,08 %). Cette pratique a également été controversée en raison de ses conséquences sanitaires (accidents du travail, dépressions saisonnières, suicides…).

L’impact du changement d’heure sur le quotidien des habitants

Changer l’heure en reculant et en avançant de 60 minutes provoque des impacts significatifs sur la santé. Le manque de sommeil constitue son inconvénient majeur. Soulignons que l’horloge biologique nécessite en moyenne une semaine afin de s’adapter aux changements. De plus, cette modification devient très complexe pour les patients qui suivent des traitements à heure fixe.

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Dans le secteur industriel, les instruments et les machines doivent subir un règlement qui suscite des pannes et des bugs de fonctionnement. Dans le domaine agricole, le changement d’heure a un impact négatif, par exemple sur la production laitière, car les vaches détestent les dérangements dans leur rythme de production. Les secteurs de la scolarité, des transports, des télécommunications ne sont pas épargnés. Ces conséquences occasionnent d’ailleurs une consommation énergétique supplémentaire.