Contestation de l’utilisation des bus à hydrogène en France

Quelques jours seulement après le premier usage du bus à hydrogène à Pau, ce moyen de transport fait déjà polémique. En effet, les procédés de production du gaz sont l’objet de nombreuses critiques de la part de scientifiques. Plusieurs alternatives ont été présentées pour remédier au relatif manque de propreté de ces modes de production.

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Libre circulation du Fébus

6 Fébus sur 8 ont été mis en circulation le mardi 17 décembre 2019. Il s’agit d’un hybride qui se situe entre le bus et le tram. Sa puissance est directement liée à une pile à combustible. Cette dernière utilise l’hydrogène en guise de carburant. Il émet de la vapeur d’eau et de l’oxygène sans autre particule à caractère nocif. L’hydrogène est également utilisé pour des avions, des porte-conteneurs de la marine marchande et des camions.

D’ailleurs, ce gaz est déjà en libre utilisation dans le secteur maritime, car il sert à propulser des bateaux expérimentaux. Selon Bertrand Piccard, un aventurier suisse connu pour son tour du monde en avion solaire, l’hydrogène se présente comme l’énergie de l’avenir.

Critique sur l’hydrogène

Cependant, son usage divise l’opinion, car l’hydrogène ne constitue en aucune manière une source d’énergie. Selon le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), il s’agit plutôt d’un vecteur énergétique. En d’autres termes, la terre ne renferme aucun réservoir naturel d’hydrogène exploitable.

Le gaz doit être produit à partir d’énergies fossiles. Entre les 70 millions de tonnes d’hydrogène, 95 % sont synthétisés chaque année pour ensuite être exploitées. Pour obtenir le gaz, il faut engendrer une réaction chimique appelée Vapo-reformage. Les procédures se résument à mettre en contact de la vapeur d’eau, du méthane et de la chaleur. La production de 1 kg d’hydrogène engendre 9 kg de CO2, soit une empreinte carbone excessive, partageant les points de vue des utilisateurs.

Une autre technique de production d’hydrogène

Une autre technique suggère d’utiliser l’électrolyse de l’eau pour générer de l’hydrogène. Toutefois, la méthode demande également beaucoup d’énergie pour un rendement encore plus faible. Afin que l’hydrogène produit devienne « vert », la méthode doit utiliser les énergies générées à partir des ressources renouvelables (comme les panneaux solaires, les éoliens…). Ce sont ces procédés qui ont été adoptés pour assurer le fonctionnement de Fébus à Pau.

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Il faut noter qu’un bon rendement de la pile à combustible nécessite une bonne qualité de la membrane qui est utilisée lors de la réaction électrochimique. Si les membranes sont de type à échange de proton, le rendement sera entre 60 à 70 %. Ce genre de technologie est actuellement utilisé dans les voitures électriques. Cependant, Nature Energy a proposé en mars 2019 l’utilisation de nouvelles membranes avec un rendement de 90 %.

Quelles procédures choisir pour produire de l’hydrogène vert ?

Pour générer de l’hydrogène propre, les scientifiques suggèrent l’usage du surplus d’énergies renouvelables ou de créer des dispositifs (panneaux solaires, éoliens…) destinés à produire de l’hydrogène. Cette solution est aujourd’hui testée par l’entreprise Hydrogène de France. L’entité est en voie de développer une usine de productions de piles à combustible dotées d’une puissance de 1 MW. Elle réalise également des expérimentations en Guyane et en Martinique en vue de conserver de l’énergie sous forme d’hydrogène et de créer ensuite de l’électricité.

Une ultime alternative propose de mettre en marche les réacteurs nucléaires pendant la nuit et d’utiliser le surplus d’énergie généré.

Prix de l’hydrogène très élevé

L’utilisation de l’hydrogène se heurte à une autre difficulté : les procédés de stockage et de transport. Ces opérations demandent en effet encore plus d’énergie. Pour le transport dans les bonbonnes, le gaz doit être comprimé à haute pression.

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À ces problèmes s’ajoute le coût de l’hydrogène. Celui produit de manière « propre » coûte 5 à 6 fois plus que celui produit avec des énergies fossiles. Malgré ce constat, la France a encore commandé 22 autres bus hydrogène.