Dette climatique française effective à partir du 5 mars

Carbone 4 a réalisé une étude sur la pollution en France. Le résultat montre un rejet colossal de 450 millions de tonnes équivalent CO2 rien qu’en 2020. Pourtant, le pays n’est censé en émettre que 80 millions en prévision de la neutralité carbone de 2050.

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L’éternel débat sur l’objectif de 2050

Le 29 juillet 2019 a été baptisé « jour du dépassement ». En effet, c’est à cette date que l’humanité a consommé la totalité des ressources que la Terre produit en un an. Il y a désormais le « jour du dérèglement » et c’est le jeudi 5 mars. Si la France prenait la peine de respecter ses engagements relatifs à l’objectif de neutralité carbone de 2050, elle aurait émis en une année la totalité de GES qu’elle produit en seulement 2 mois et 5 jours. Au regard du rythme des actions politiques, le pays ne pourra atteindre sa neutralité carbone qu’en 2093 et non en 2050, rappelle l’Affaire du siècle groupement composé de Greenpeace France, Oxfam France, la Fondation Nicolas Hulot et Notre Affaire à Tous.

Afin de parvenir à la sobriété carbone dans les temps, Carbone 4 (un cabinet de conseil indépendant) s’est appuyé sur les chiffres de la Stratégie Nationale bas carbone (l’outil de pilotage de la politique climatique du pays) pour établir les faits. Selon lui, la France doit se limiter à un plafond annuel d’émissions de CO2 de 80 millions de tonnes. Dans cette optique, les rejets du secteur agricole devraient se voir compensés par les puits de carbone naturels et les techniques de séquestration. Pourtant, le pays menace, pour cette année, de produire 450 millions de tonnes équivalent CO2, ce qui correspond à 5 fois le seuil tolérable.

Plus que 30 ans avant le désastre

Célia Gautier, responsable climat-énergie à la FNH alerte l’opinion publique sur le délai serré avant d’arriver à une catastrophe écologique de grande ampleur. Elle souligne qu’« il ne reste qu’une génération — 30 ans — pour faire reculer le jour du dérèglement de 300 jours ». Elle condamne la dette climatique qui pèse sur la France et le reste du monde. Pourtant, « on ne voit aucune redirection du gouvernement par rapport au retard accumulé », s’indigne-t-elle.

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Ce retard a déjà été soulevé par le Haut Conseil pour le climat dans son rapport de juin 2019. En effet, l’instance indépendante s’était inquiétée de l’insuffisance de la baisse des émissions de CO2 de seulement 11 %. Le blocage est notamment dû au secteur des transports et à celui du bâtiment. De plus, le gouvernement s’est permis d’augmenter temporairement les émissions, ce qui le contraindra à davantage d’efforts à long terme.

Les conséquences se font déjà ressentir

L’Affaire du Siècle prévoit une mobilisation générale afin de contraindre l’État à se soumettre aux exigences de la neutralité carbone de 2050. Pour ce faire, il a déjà lancé un appel à témoignage sur Internet le 18 décembre dernier concernant les conséquences directes du réchauffement climatique dans le quotidien des citoyens français lambda. L’initiative a recueilli près de 20 000 témoins. Les participants ont fait part des dommages directs dans leurs maisons, de leurs inquiétudes sur l’avenir de leurs enfants, des changements dans leurs activités professionnelles…

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L’Affaire du Siècle affirme sa volonté de se mobiliser davantage pour 2020 contre l’inaction gouvernementale. Elle a déjà déposé un recours en justice qui est toujours sans réponse. Par ailleurs, Carbone 4 a réalisé un calcul d’estimations du taux d’émission pour 2020 dans des conditions climatiques favorables et s’est servi de celui de 2017 en guise de taux moyen. Cela donne une teneur maximum de 80 millions de tonnes équivalentes CO2, qui représente la capacité d’absorption du carbone par le sol français.