La bataille française entre le chauffage électrique et le chauffage au gaz

À l’aube de 2021, la nouvelle règlementation RE2020 prendra effet et remplacera la RT 2012. À l’approche du jour J, la polémique autour du chauffage au gaz et du chauffage électrique s’aggrave. Découvrez à travers ces lignes les enjeux de ces 2 types de chauffages domestiques.

Prendre en compte les pertes liées à la production de chauffage

Plusieurs typologies de chauffage existent sur le marché (chauffage au fioul, au bois, pompe à chaleur…). Chaque système correspond à un rendement et à une perte. L’usage du fioul ou du gaz induit souvent les consommateurs en erreur, car ils ont tendance à négliger les pertes liées à la production et au transport. À l’inverse, l’usage de l’électricité pour un bon confort thermique domestique engendre, chez les usagers, la prise en compte d’un coefficient. Le calcul implique une multiplication par 2,58 de la quantité d’énergie finale pour obtenir la quantité d’énergie initiale. Le coefficient traduit les pertes liées au transport et à la phase de production.

Ce facteur est justifié dans le cadre de l’usage de sources d’énergie (bois, pétrole, gaz, charbon) pour générer de l’électricité. Pourtant, cette période est révolue. Aujourd’hui, la production passe désormais par l’uranium, les barrages hydro-électriques, les panneaux solaires et les éoliennes. En ce qui concerne l’énergie nucléaire, les centrales constituent de grands émetteurs de déchets, même si le taux de CO2 est relativement faible. Dans ce cas, le calcul s’opère sur la perte liée aux rejets dans l’environnement. Néanmoins, cet aspect reste élémentaire, car la source d’énergie est plus propre.

Le coefficient à hauteur de 2,58 est davantage remis en question quand l’électricité est issue des énergies renouvelables, en l’occurrence des éoliennes et des panneaux solaires. Dans ce cas de figure, la réflexion se porte non pas sur la densité du vent ou de l’énergie solaire, mais sur les énergies primaires utilisées pour ressortir l’énergie finale.

Les circonstances en faveur du chauffage au gaz

Le fait est que le coefficient de 2,58 penche en faveur du chauffage au gaz, au détriment du chauffage électrique pourtant moins polluant. En conformité à la Règlementation Thermique 2012, un logement doit se contenter d’une consommation moindre à hauteur de 50 kWh par m2 et par an pour l’énergie primaire. Avec le chauffage au gaz, cette valeur se réduit à 1. Avec le chauffage électrique, la valeur est plus élevée.

À cause de ce constat, les logements construits depuis 2012 se limitent à un équipement au chauffage au gaz. Dans le cadre d’un diagnostic de performance énergétique, un logement classé C utilisant un chauffage électrique se trouvera à la catégorie A s’il est chauffé au gaz (alors qu’il demeure plus polluant). C’est ainsi que le calcul du volume de CO2 par kWh devient une polémique.

Le chauffage au gaz plus polluant

L’Ademe ou l’agence de la transition énergétique estime qu’un kilowattheure de chauffage au gaz est source de 227 g de CO2, tandis que cette même proportion n’engendre que 147 g pour le chauffage électrique traditionnel. Une pompe à chaleur, quant à elle, n’émet que 49 g de CO2, ce qui est plus faible par rapport au chauffage au gaz. Quand bien même, il convient de rappeler que le calcul du contenu de CO2 par kWh est très complexe.