La consommation de pesticides en forte hausse malgré l’objectif de réduction en 10 ans

Les chiffres sur l’évaluation de la consommation de pesticides étaient attendus depuis plusieurs semaines. Leur publication a achevé le gouvernement ainsi que les associations environnementales. En effet, le résultat montre une hausse de l’usage de pesticide en 10 ans !

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10 ans pour réduire l’usage des pesticides de 50 %

Réduire les pesticides de 50 %, tel était l’objectif fixé lors du Grenelle de l’Environnement de 2008. Pour y parvenir, la France a mis en place le plan de réduction baptisé « Plan Ecophyto ». Ce dernier utilise un indicateur qui prend en compte le nombre de doses de pesticides et non les volumes. Cette stratégie offre une meilleure étude sur les produits à forte concentration de pesticides. En ce temps-là, l’Union des Industries pour la Protection des Plantes avait été agacée par la pression de Grenelle à l’encontre des exploitants agricoles. Malgré cette contrainte, les distributeurs de pesticides n’ont rencontré aucun problème en matière de vente.

L’usage des pesticides en hausse

Force est de constater que l’usage des pesticides connait une hausse de 24 % en 10 ans. C’est le constat du ministère de l’Agriculture traduit par une étude publiée le 07 janvier 2020. Le rapport mentionne une augmentation du nombre de doses unités de pesticides en 2018 par rapport à 2017. Ce taux constitue un échec du plan de réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Pour dissimuler cette fâcheuse déception, le ministère a occulté l’indicateur d’utilisation des pesticides ou NODU (Nombres de dose utiles) dans l’infographie publiée le jour-même. Il faut rappeler que ce plan a été alimenté par un investissement d’un montant de 600 millions d’euros. De son côté, une association de vendeurs et de producteurs de produits phytosanitaires (l’UIPP), a constaté en 2018 une hausse de 8 % des ventes, soit 68 000 tonnes de produits vendus.

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Une hausse inacceptable selon France Nature Environnement

Pour parvenir à l’objectif de réduction, le plan a profité d’un financement annuel de 300 millions d’euros. Aussi, cet échec reste inacceptable pour les écologistes, notamment pour la fédération France Nature Environnement. Cette dernière, à travers la responsable des questions pesticides Claudine Joly, souligne l’intérêt de trouver dès que possible d’autres leviers pour atteindre la réduction de 50 %. Le ministère de l’Agriculture rejette la faute aux mauvaises conditions météorologiques qui ont provoqué le développement de maladies en plus d’une hausse de la taxe sur les produits. Ainsi, les agriculteurs auraient été obligés de faire des stocks.

Comment expliquer cette forte consommation ?

Pour le gouvernement, cette hausse s’explique par une anticipation des achats en fin d’année 2018. En effet, les agriculteurs ont anticipé l’augmentation des taxes sur les substances les plus polluantes le 1er janvier 2019. Pour les associations environnementales, ces chiffres sont le résultat du poids des lobbys dans le pays. Quand à Générations Futures, cette association est convaincue que cette utilisation intensive de pesticide souligne la dépendance du secteur agricole français aux produits phytosanitaires. L’ONG incite le gouvernement à réagir et à mettre en place un projet radical pour y remédier. Elle propose un programme de réduction par culture et par région

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Baisse de l’usage de matières actives en 20 ans

Ironiquement, le volume de matières actives utilisées a pourtant baissé de 40 % en 20 ans. Entre 1999 et 2018, d’après les chiffres de l’UIPP, la quantité a été réduite de 68 000 tonnes. Apparemment à cause de l’augmentation de la part de marché des produits de biocontrôle, produits qui sont les plus respectueux de l’environnement. Entre 2010 à 2017, ces dispositifs ont connu une croissance de 13,4 %, selon la Direction Générale de l’Alimentation du ministère de l’Agriculture. De surcroît, les agriculteurs se sont engagés de plus en plus dans une démarche plus écoresponsable.