La France réduit ses objectifs concernant les émissions de CO2

Le gouvernement a récemment dévoilé sa Programmation pluriannuelle de l’énergie ou PPE, de même que sa Stratégie nationale bas carbone ou SNBC. Ces deux documents ont fait l’objet de certaines modifications, conformément à l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, établi par l’Hexagone.

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Ces documents, supposés être un guide climatique, sont en cours de consultation publique, jusqu’au 19 février 2020. Depuis lors, ils sont déjà sujets à controverses. La France, qui n’est pas capable de maintenir ses engagements, a une fois de plus pris la décision d’ajourner le délai de ses émissions de CO2 autorisées en 2023.

Le budget carbone 2019-2023 revu à la hausse

Alors que la Stratégie nationale bas carbone a été modifiée puis mise en consultation jusqu’au 19 février 2020, le pouvoir exécutif a décidé de relever le second budget carbone du pays pour les années 2019 à 2023.

En gros, cela offrirait à l’Hexagone la possibilité de diffuser davantage de CO2 que ce qui a été envisagé auparavant, alors que l’émission devrait être réduite, étant donné la situation climatique actuelle.

Anne Bringault, la coordinatrice des ONG sur la transition énergétique au sein du Réseau Action Climat, l’affirme: la feuille de route climat de l’exécutif projette effectivement une augmentation du budget carbone de 2019 à 2023. Et ce, en dépit de l’avis du Haut conseil pour le climat. Malheureusement, ce choix ne va pas dans le sens de l’Accord de Paris.

Personne ne semble s’étonner de cette annonce. La semaine passée, alors qu’Édouard Philippe a adressé sa réponse relative au compte-rendu du Haut conseil pour le climat, il a reconnu que par manque de sincérité, le budget carbone 2019-2023 devra augmenter.

Pour être plus exact, en 2015, le chiffre prévu au départ était de 398 millions de tonnes de CO2 en moyenne tous les ans. Il est passé à 422 millions de tonnes.

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La principale cause serait un surplus qui serait allé jusqu’à 6 %, alors que le premier budget carbone s’est déjà accru de 3,7 %. C’est ce qui a conduit à la révision actuelle de la stratégie,  notamment à l’ajustement du montant général du second budget carbone, de même que sa distribution par secteur.

Une hausse qui serait compensée sur le troisième budget carbone

Si d’une part le budget carbone 2019-2023 a pris de l’ampleur, d’autre part la hausse serait contrebalancée lors du troisième budget carbone, censé couvrir la période entre 2024 et 2028. Celui-ci n’a pas changé, comparé à la première SNBC de 2015 fixé à 359 millions de tonnes de CO2 équivalent sur une année.

Ce qui veut dire que, de 2024 à 2028, les émissions devront diminuer de 63 millions de tonnes de CO2 équivalent, alors qu’initialement, cette diminution était prévue à 41 millions. Cela équivaut à 50 % de réduction de plus.

A priori, ce chiffre manque manifestement de réalisme. Ainsi, entre 2015 et 2018, la France n’a pu baisser ses émissions que de 13 millions de tonnes seulement. Comment donc pourrait-on y arriver, ne serait-ce même que pour une diminution de 20 millions de tonnes ?

Quid de la Programmation pluriannuelle de l’énergie ?

D’un autre côté, la PPE ou Programmation pluriannuelle de l’énergie ajustée, enregistre la réduction du nucléaire à hauteur de 50 %, dans le cadre du mix électrique, à l’horizon 2035. Elle précise que 14 réacteurs seront fermés, incluant ceux de la centrale de Fessenheim. Ces fermetures verront en parallèle la construction de six nouveaux EPR.

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Enfin, la PPE songe à revoir la consommation définitive d’énergie à la baisse, à raison de 16,5 % d’ici 2028, comparé à 2012. Auparavant, cette diminution se montait à 14 %, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.