La vérité sur la biodiversité selon Jean de Kervasdoué

Jean de Kervasdoué est un économiste de la santé français. Membre de l’Académie des technologies, il a été ingénieur en chef des Ponts et des Forêts et a été le premier conseiller agricole de Pierre Mauroy en 1981. Auteur de plusieurs ouvrages à succès, Jean de Kervadoué partage son opinion concernant la biodiversité en France.

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Une bataille de chiffre

Au cours de la présentation des vœux du président de la République, Emanuel Macron a révélé sa volonté d’« œuvrer pour la biodiversité ». Ces paroles sonnent comme des objectifs nobles, à l’heure où des centaines d’espèces d’animaux et de végétation sont menacées d’extinctions. Il s’agit entre autres des grands singes et des rhinocéros noirs qui ont été au nombre de 5 055 têtes en 2012. Cependant, ces bêtes demeurent les cibles des chasseurs. Pour cause, les cornes des rhinocéros sont estimées à une valeur de 40 000 dollars le kilo à Shanghai, soit l’équivalent d’environ 35 000 euros. Les braconniers profitent du mauvais salaire des gardes pour les soudoyer et obtenir l’autorisation de massacrer les bêtes.

À l’inverse, certaines espèces considérées comme éteintes, en l’occurrence : la perruche de l’île Maurice ou l’Oryx d’Arabie ont refait surface. Malgré cela, la liste des espèces en voie de disparition se prolonge à cause de la croissance de la population et de la conversion des forêts en culture. En France, l’économiste Jean de Kervasdoué pense que les chiffres ne sont pas aussi alarmants. En effet, les animaux considérés comme éteints ne le sont pas encore, au regard des 5 600 espèces de faunes existantes.

Exagérer pour mieux alarmer

L’économiste estime qu’il est complexe de confirmer de manière exacte la disparition des espèces. Effectivement, la plante orchis couleur de lait et les 5 animaux : la sterne de l’Arctique, la grenouille des champs, le lynx boréal, l’anguille et la tortue d’Hermann sont considérés comme disparus. Cependant, la végétation se trouve encore dans le sud de la France et en Corse. Quant aux animaux, la sterne et le lynx boréal sont en masse sur le sol français. La grenouille des champs a disparu de la France, mais elle reste présente dans les autres pays européens. La tortue d’Hermann représente l’unique espèce de tortue terrestre sur le territoire français. Elle se situe en Corse et dans le Var. Son existence (en France) est cependant menacée par les feux de forêt, le morcellement des parcelles, la construction des routes et le débroussaillage. En ce qui concerne l’anguille, elle reste l’unique espèce disparue. Sa régression a commencé depuis 40 ans à cause des contaminations (pesticides), de la surpêche des civelles, du parasitisme et du braconnage.

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Les risques de disparition ne sont qu’approximatifs. Pour alarmer la population, les médias exagèrent les chiffres. La pratique de la désinformation s’opère pour semer la peur et l’incompréhension. Les médias utilisent les taux pour alerter la population, en omettant de préciser qu’il ne s’agit pas d’espèces, mais d’effectif seulement. À titre illustratif, un journal local a publié la disparition de 58 % des vertébrées en 40 ans (sans préciser que les 58 % parlent du nombre et non des espèces).

Comprendre la biodiversité

La biodiversité est un concept complexe qui ne peut se limiter à quelques espèces. Elle est l’ensemble de l’interaction entre les plantes et les animaux. L’économiste souligne qu’il existe une grande différence entre : cellule, organisme, population, communauté, écosystème, biome et biosphère. À cause de cette variation, il est impossible d’évaluer de manière globale un écosystème entier. Par ailleurs, évaluer la biodiversité, c’est également prendre en compte les espèces nouvellement créées.

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L’économiste souligne l’existence de 2 types d’écologies : l’écologie scientifique et l’écologie politique. D’un côté, l’écologie scientifique s’appuie sur des faits réels, en l’absence de toute forme d’exagération et de désinformation. De l’autre côté, l’écologie politique vise à partager des données surestimées dans le but de manipuler la masse populaire.