L’aéroport de Nice se veut plus écoresponsable

L’avion figure en ce moment parmi les plus graves sources de pollution. Pour favoriser la transition écologique et combattre le réchauffement climatique, les aéroports de la Côte d’Azur présentent plusieurs mesures.

Pub

Zéro émission de CO2 en 2030

La feuille de route des Aéroports de la Côte d’Azur (ACA) inscrit un objectif zéro émission nette de CO2 d’ici 2030. Cette ambition concerne les aéroports de Nice (LFMN), Saint-Tropez (LFTZ) et Cannes (LFMD). D’ailleurs, Saint-Tropez est déjà en passe de limiter ses émissions de 100 % pour cette année. L’aéroport a installé un puits de carbone qui a permis l’absorption de 23 tonnes de CO2. À ce stade, il ne devrait générer aucun gaz à effet de serre. Quant à Nice et Cannes, ils présentent la neutralité carbone depuis 2016 grâce au système de compensation. Cependant, ces mesures sont loin d’être suffisantes à cause de la hausse du nombre de passagers de 4,6 % depuis 2019. Notons que l’année dernière, les aéroports ont enregistré 14,485 millions de passagers.

Une enveloppe de 20 millions d’euros

Selon le chef du département développement durable et environnement d’ACA, Isabelle Vandrot, un passager qui utilise leurs terminaux génère environ 100 g de CO2. Elle souligne que ce taux est de 92 % plus faible que la moyenne des aéroports sur le continent européen. Pour atteindre l’objectif de 2030, les aéroports ont envisagé une multitude de mesures, en l’occurrence :

  • La décarbonation des camions avitailleurs
  • L’installation de panneaux photovoltaïques
  • Le délaissement des énergies fossiles
  • L’usage de navettes et d’autres véhicules techniques électriques et hybrides

Pour concrétiser ces ambitions, les terminaux prévoient une enveloppe budgétaire à hauteur de 20 millions d’euros.

Par ailleurs, ACA projette une réduction de 5 à 10 % des redevances d’atterrissage pour les compagnies aériennes qui limitent leur production de CO2.

Pub

Une ambition contestée

Des travaux en vue d’une future extension du Terminal 2 ou T2 de l’aéroport de Nice Côte d’Azur (LFMN) ont été engagés au début de l’année. Le préfet a octroyé le permis de construire autorisant le démarrage des chantiers sur 25 000 m2. Les travaux visent à installer 6 nouvelles salles d’embarquement, en plus de 2 nouvelles zones d’enregistrement et de livraison de bagages. La future extension du T2 pourra recevoir plus de 4 millions de passagers supplémentaires chaque année. Au total, les terminaux traiteront environ 18 millions d’usagers. L’objectif zéro émission de CO2 devrait normalement s’appliquer aussi à cette nouvelle structure.

Par ailleurs, la livraison des équipements pour les futures installations a impliqué un coût avoisinant les 80 millions d’euros. Elle sera échelonnée de l’été 2021 jusqu’au début 2023. Le projet de construction a obtenu l’aval des actionnaires de la Société des Aéroports de la Côte d’Azur, en l’occurrence :

  • la Banque des Territoires
  • 3 collectivités territoriales
  • la Métropole Nice Côte d’Azur
  • Azzurra Actionnaire majoritaire
  • La Cci Nice Côte d’Azur

Cependant, le futur chantier a été désapprouvé par les riverains et les associations environnementales. France Nature Environnement Alpes-Maritimes critique le projet et dénonce: « une enquête publique tronquée par le saucissonnage des aménagements ». Pour Collectif Citoyen 06, ces travaux sont totalement antinomiques avec l’objectif de réduction de CO2 dans le Plan Climat Air et Énergie de la métropole Nice-Côte d’Azur. Incriminant une « collusion entre la Métropole, la préfecture et l’aéroport » faisant peu de cas des rejets exprimés de toutes parts, le collectif prépare donc un recours juridique.

Pub

Conjuguer croissance du trafic et limitation de gaz carbonique

A la suite de la stricte observation des procédures LTO, le taux d’émission de gaz à effet de serre de Nice aurait été réduit de 20 %, soit 10,75 kg, durant ces 5 dernières années. Rappelons que ces normes concernent la partie du voyage aérien comprenant les phases d’approche, de roulage au sol et de décollage des avions (Landing and Take-Off) en dessous de 3 000 pieds. Cette réduction a été constatée malgré la hausse à 2,5 % des mouvements d’avion. Par conséquent, selon les dires du président d’ACA, il serait tout à fait possible d’aménager de nouvelles structures tout en limitant la production de CO2.