Le « rétrofit » électrique pour les véhicules en 2020

Dans l’hexagone à compter du premier trimestre 2020, il sera désormais possible de convertir du thermique vers l’électrique sur des voitures de plus de 5 ans. L’empreinte carbone s’en trouvera alors passablement allégée. Jusqu’à ce jour toutefois, le marché demeure incertain, suspendu à la prise d’une décision initiée par le désir de transformer un ancien véhicule, bien vite tempéré par le coût de ce changement, qui n’est pas à la portée de tous. Quelle serait la meilleure solution ? Zoom sur le « rétrofit ».

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Le « rétrofit » électrique pour les anciennes voitures

Mais qu’est-ce que le rétrofit ? Il s’agit en fait d’une technique révolutionnaire permettant de substituer un moteur électrique à la motorisation thermique d’une auto. Cette opération permet de métamorphoser une vieille Peugeot des années 1990 en l’équipant d’un moteur neuf électrique et silencieux.

Au mois de novembre dernier, le ministère de l’Écologie et des Transports a transmis à la Commission européenne une ordonnance qui est supposée simplifier l’homologation des engins dont les moteurs ont été remplacés par une motorisation électrique. L’autorisation devrait être effective durant les premières semaines de cette nouvelle année 2020. Bruxelles a du reste déjà donné son approbation à plusieurs pays de l’Europe, incluant le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie.

D’après Arnaud Pigounides, le président de l’association des acteurs de l’industrie du rétrofit électrique ou AIRe, en ce moment même, nombre d’entreprises se préparent à adopter le rétrofit électrique. Il considère même que cette industrie pourrait constituer une branche capitale du secteur automobile. Il souligne que d’ici une année, plusieurs acteurs pourraient contribuer à l’essor de ce marché en France.

Un procédé intéressant pour les acteurs du transport

Le principe du rétrofit peut s’adapter à toutes les autos pourvues d’un moteur thermique. C’est la toute jeune entreprise NOIL qui a pris l’initiative de suggérer l’installation d’un moteur électrique sur des motos roulant à l’essence.

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Mieux encore, l’entreprise Faraday Aerospace qui fait partie de l’AIRe, entend proposer le rétrofit sur des petits avions à deux places, usuellement employés au sein d’établissements et clubs de pilotage. Gilles Rosenberger, l’un des fondateurs de cette start-up et ex-cadre de l’aéronautique, indique que la mise en place de dispositifs de propulsion électrique sur les avions sera en premier lieu effectuée aux États-Unis, où la législation est moins rigoureuse. Cependant, il se pourrait qu’à l’horizon 2030, il soit possible de déployer cette activité en Europe et ainsi de remplacer l’ancien moteur des plus grands avions de 4 à 10 places.

À ce jour dans l’hexagone, l’objectif du rétrofit est différent. Il se pourrait en outre que le secteur des transports ainsi que les propriétaires de voitures utilitaires soient attirés par le rétrofit, remarque Arnaud Pigounides. Et pour cause, ce concept peut aider les entreprises à générer des gains d’achat non négligeables. En réalité, au lieu d’envoyer les bus vétustes à la ferraille puis de s’en procurer des neufs, les « rétrofiter » permettra de donner une seconde vie à ces véhicules, tout en réduisant leur consommation de carburant. C’est d’ailleurs ce que soutient Guillaume Crunelle, expert en industrie automobile auprès de Deloitte. Il précise que cette opération permet de remettre un bolide obsolète en état de marche.

Quelques freins face au développement de l’industrie du rétrofit

Il faut toutefois noter que le déploiement de l’industrie du rétrofit connaît quelques limites. Guillaume Crunelle affirme en effet qu’il semble infaisable de hisser le rétrofit vers une dimension industrielle, étant donné que chaque voiture transformée est travaillée de manière distincte.

Ce qui veut dire que les coûts de travaux pourraient grimper jusqu’à quelques dizaines de milliers d’euros. À un tel tarif, de nombreuses personnes voudront plutôt faire l’acquisition d’un véhicule neuf. De surcroit, les concepteurs de voitures électriques présenteront sûrement des offres plus abordables d’ici quelques années, sachant qu’à l’heure actuelle, ils n’en sont qu’à leurs débuts.

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Dernière remarque, au lieu du terme industrie, le mieux d’après Guillaume Crunelle serait de qualifier le rétrofit d’artisanat. Grâce à celui-ci, les passionnés de voiture pourront rouler dans leur ancien véhicule sans pour autant répandre des agents polluants.