Le déconfinement a-t-il relancé le vélo en France ?

Le déconfinement a été marqué par un engouement pour le vélo au détriment des bus. Outre les risques de contamination, la pollution de l’air et le passage à un mode de consommation durable motivent les usagers à délaisser leur moyen de transport classique.

L’ère du cyclisme commence

Les Français reprennent du service, mais cette fois, il n’est plus question de prendre le risque de partir en bus pour le travail. C’est ainsi que le vélo en France a gagné de l’intérêt dans le milieu du déplacement.

Le vélo, le nouveau moyen de transport de prédilection

La pollution de l’air est un facteur déclencheur de crise cardiaque. Rien qu’à Paris, le phénomène fait 6000 victimes par an. Face à ce constat, les Parisiens ont jugé plus judicieux de délaisser leurs véhicules à 4 roues au profit des vélos.

Clément Depond, un cadre de 34 ans vêtu de son costume cravate n’éprouve aucune gêne à adopter ce mode de déplacement doux. Il figure parmi les nombreux travailleurs de Paris, d’Alix Fleury, de Neuilly-sur-Seine à emprunter les pistes cyclables à bord d’un vélo en libre-service.

De nouvelles pistes cyclables en vue

La crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus a été le facteur d’une prise de conscience à Paris, comme à bien d’autres villes. Dans un esprit écoresponsable, la mairie parisienne projette la transformation de 50 km d’axes routiers en pistes cyclables.

Nice, ville pourtant hostile aux bicyclettes, suit cette voie et souhaite ajouter 60 km supplémentaires de pistes cyclables. Le boulevard Gambetta menant vers la promenade des Anglais est désormais inaccessible aux voitures, mais uniquement aux V.T.T. Nul doute que les randonnées à vélo seront bientôt envisageables après le déconfinement total.

Les infrastructures peu convainquant inquiètent encore certains cyclistes, dont le vice-président de l’association Rayons d’Action, Florian Le Villain. Le gouvernement a ainsi prévu une enveloppe de 20 millions d’euros afin de pérenniser les aménagements provisoires.

Le boom du vélo à Lille et en Île-de-France après le déconfinement

Lille et sa métropole encouragent la mobilité douce à travers un aménagement de pistes cyclables.

Le vélo pour contourner les bus

L’idée de reprendre le bus effraie les citoyens déconfinés. Les déplacements domicile-travail à Lille s’effectuent ainsi en vélo. La métropole européenne de Lille a aménagé 15 km de piste cyclable. L’initiative survient après le constat de Jacques Richir (adjoint au maire chargé de l’espace public) soulignant les caractéristiques favorables de Lille à un plan de réaménagement d’une ville cycliste.

Cet engouement pour la mobilité douce a désavantagé le transport en commun. Le réseau de transport lillois Ilévia ne compte un retour que près de 40 % de ses habitués.

Vers une transition durable

Dans la Métropole Européenne de Lille composée de 90 communes, le vélo occupe 2 % des déplacements quotidiens. Son objectif est de rehausser cette tendance à 10 % d’ici 10 à 15 ans, déclare le directeur de la mobilité à la MEL Alexis Marcot.

L’Association Droit Au Vélo (ADAV) se réjouit de cet intérêt grandissant. Elle reste optimiste et attend un changement de mentalité généralisé des citoyens. Elle apporte également sa part de soutien en mettant en place une plateforme d’échanges et de publications de carte de France pour vélo.