Le gaz vert commence-t-il son déploiement en France ?

Le gaz vert est une énergie écologique qui mérite une attention particulière. Dans une optique de revalorisation de ce secteur, le Panorama du Gaz Renouvelable a entamé une étude axée sur le développement du biométhane. Il en résulte une nouvelle filière qui est en train de se développer en France.

Pub

Le biométhane prend son envol

L’avenir du gaz vert s’annonce très prometteur d’après le Panorama du Gaz Renouvelable. En effet, on compte 123 installations de biométhane en 2019 en France. Ces chiffres sont à 47 % plus élevés par rapport à l’année précédente. Ces installations sont rattachées aux réseaux gaziers français. Leur capacité annuelle d’injection maximale s’élève à 2,2 TWh (térawattheures), tandis que la quantité réelle de biométhane injectée dans les réseaux est de 1,2 TWh. Ce volume a augmenté de 0,26 % par rapport à fin 2018 (étant de 0,7 TWh).

Robin Apolit, chargé de mission gaz vert au Syndicat des énergies renouvelables, justifie cet écart par les aléas techniques et les phénomènes de saisonnalité sur les intrants agricoles. Par ailleurs, la filière génère 4 000 emplois directs et indirects. Elle enregistre aujourd’hui un chiffre d’affaires de 696 millions d’euros.

Les projets de biométhane s’enchaînent pour relancer l’économie

Les gestionnaires de réseaux de transport et de distribution recensent plus de 960 nouveaux projets, totalisant une capacité maximale cumulée de plus de 22 TWh/an. Ce volume est en hausse par rapport à celui de fin 2018 (avec un surplus de 10 TWh). En outre, 85 % des projets et 74 % des capacités de production réservées appartiennent aux réseaux de distribution, tandis que le reste est attribué aux réseaux de transport.

Les programmes de gaz vert de France à un stade plus avancé comptent plus de 10 TWh/an de capacité maximale. Les opérateurs suggèrent leur inscription dans le plan de relance économique afin de relever les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire. Aussi, les domaines des travaux publics et de l’agriculture des zones rurales en seront les principaux bénéficiaires. Ils pourront profiter de l’appui d’ici en 2023.

Pub

D’après Robin Apolit, les secteurs les plus défavorisés doivent prendre leur mal en patience, car « un projet met entre 3 à 5 ans entre sa phase d’étude et sa première injection dans le réseau », en fonction de sa typologie.

La place de la France en matière de gaz vert

Les 123 sites d’installations de France se composent de :

  • 67 % d’installations agricoles ;
  • 11 % d’installations industrielles territoriales ;
  • 9 % d’installations de méthanisation des boues de stations d’épuration ;
  • 8 % de déchets ménagers et de biodéchets ;
  • 5 % d’installations de stockage des déchets non dangereux.

Les 13 régions de la France métropolitaine possèdent au moins un site d’injection de biométhane, exception faite de la Corse. Se situent en tête les Hauts-de-France ainsi que le Grand Est, comptant respectivement 341 et 331 GWh (gigawattheures) de capacités maximales par an. Arrivent ensuite la région PACA et ses 35 GWh ainsi que l’Occitanie et ses 32 GWh de capacités maximales par an. Bientôt, l’Île-de-France accueillera une usine de méthanisation unique, traitant 25 000 tonnes de biodéchets pour approvisionner en gaz près de 4 000 habitants.

Pub

À l’échelle européenne, la France dépasse largement l’Italie, la Suisse, le Luxembourg, la Finlande, la Norvège, l’Espagne ainsi que l’Autriche. Pourtant, elle se trouve après le Danemark disposant de 1,75 TWh/an.