Le nucléaire serait-il bénéfique pour le climat et la France ?

Au cours de ses vœux de 2020 pour le pays, le président de la République a révélé la feuille de route de la stratégie pluriannuelle de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre. La mesure comprend une réduction de la part du nucléaire pour les années à venir. Cependant, cette filière occupe une place prépondérante dans l’approvisionnement en électricité. Alors, mérite-t-elle de s’éteindre à petit feu ?

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Les lois en vigueur freinent l’objectif de réduction du nucléaire à 50 %

La Loi de Transition énergétique pour une Croissante Verte (LTECV) impose une réduction à 50 % de la production électronucléaire. Cette réglementation s’appliquera en 2035. Cependant, elle réduira d’un tiers la production d’électricité la plus propre à ce jour. Le déclin de la filière nucléaire s’accompagne de l’arrêt progressif de 14 réacteurs, dont 2 à Fessenheim. La vétusté des sites et la faiblesse supposée du système électrique du fait de la prédominance du nucléaire dans le mix électrique justifieraient cet arrêt.

L’expérience américaine contredit toutefois l’argument de vétusté des réacteurs français. En effet, 74 réacteurs des States détiennent une licence d’exploitation de 60 ans. 30 de ces sites présentent les mêmes spécificités techniques que les réacteurs français et le même âge, mais restent en activité. Les opposants à cet arrêt pensent donc que la part de la filière dans le mix énergétique ne peut affecter l’approvisionnement d’électricité.

Réduire le parc nucléaire à l’échelle européenne

À l’échelle européenne, la limitation des activités nucléaires françaises s’ajoute à l’arrêt du nucléaire allemand et du charbon sur les 2 côtés du Rhin. La disparition progressive de ces ressources menace de réduire la diversité du mix électrique et la sécurité du système électrique européen. La limitation apparaît alors que la gestion des parcs éoliens devient de plus en plus complexe. Effectivement, ces dispositifs provoquent :

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  • Un risque élevé de black-out en raison des épisodes anticycloniques hivernaux en Europe
  • Une variation brusque de la puissance des éoliens à cause de la variation des régimes de vent
  • Un usage des sources de production alternatives au détriment des engagements de la COP 21

Les énergies renouvelables ont pourtant reçu un soutien financier de 5 milliards d’euros afin de décarboner leur secteur électrique, aide injustifiée car le secteur est déjà exempt de carbone à 90 % ! Cette enveloppe budgétaire aurait été plus utile dans les secteurs de l’immobilier et de la mobilité qui produisent encore 50 % de GES.

Le nucléaire reste une énergie d’avenir

Selon le GIEC et l’AIE, le nucléaire demeure une énergie d’avenir. Les experts soutiennent que cette filière est l’unique source d’énergie en mesure de répondre aux besoins des consommateurs tout en maintenant une stabilité environnementale. Ils estiment que disposer d’une industrie électronucléaire cohérente constitue un avantage majeur pour la France.

Grâce au contrôle de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), les activités nucléaires peuvent se développer sans danger. L’ASN possède les pleins pouvoirs pour arrêter les réacteurs en cas de réelle nécessité. Dans le meilleur des cas, le développement du secteur laisse entendre une éventuelle exportation des produits vers les pays portés sur l’énergie nucléaire. Le GIEC vante également la flexibilité de l’énergie hydraulique au niveau de la production. Ensemble, ces 2 ressources assurent la sécurité du réseau électrique.

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Les actions de réduction des émissions de GES

La filière électronucléaire participe à l’atténuation des émissions de GES. Pour contribuer à l’objectif de neutralité carbone, quelques mesures sont à appliquer :

  • La révision des 2 lois LTECV et Énergie & Climat pour retravailler la réduction du nucléaire à 50 %
  • L’exploitation des réacteurs nucléaires tant que l’ASN n’y voit aucun inconvénient
  • L’engagement d’un programme de renouvellement du parc nucléaire le plus tôt possible
  • Lancer une politique communautaire de l’énergie au niveau européen en tenant compte de la réduction de GES, du mix énergétique et des nouvelles organisations du marché de l’électricité