Les bornes de recharge pour les véhicules électriques : un véritable challenge européen

Afin de ravitailler 44 millions de voitures électriques d’ici 2030, l’Union européenne devra implanter 3 millions de bornes de recharge, si elle désire être climatiquement neutre à l’horizon 2050. Ces estimations ont été avancées par le groupe de recherche Transport & Environnement.

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Si au troisième trimestre de l’année passée la vente de véhicules électriques s’est multipliée dans le continent européen, il semblerait que ce dernier se trouve face à un grand défi : celui d’alimenter ces autos avec suffisamment de bornes publiques.

Hausse de la vente de voitures électriques en Europe : les conséquences

En Europe, plus de 250 mille voitures électriques ont été immatriculées durant les trois premiers trimestres de 2019. Les automobiles hybrides et électriques se vendent comme des petits pains, avec la France, l’Allemagne et la Norvège en tête du peloton.

D’après l’ACEA, ou Association des Constructeurs Européens, au 3ème trimestre de l’année dernière, la branche des véhicules électriques dotés de batteries constitue le premier facteur de cette hausse. Leurs ventes ont atteint 126,3 % de plus, alors que la demande concernant les hybrides rechargeables a baissé de 7,6 %.

L’enjeu est de taille: la croissance de ce marché pourrait être subitement ralentie, si les infrastructures de recharge ne sont pas accessibles en quantité suffisante pour approvisionner tous les véhicules électriques actuellement en circulation.

Le groupe de recherche Transport & Environnement est d’accord avec cette remarque. Si l’Union Européenne souhaite être neutre sur le plan climatique d’ici 30 ans, elle devra déployer 3 millions de bornes afin de ravitailler 44 millions d’autos électriques jusqu’en 2030.

Le nombre de chargeurs disponibles sur le territoire est aujourd’hui encore très loin du compte. Ceux-ci sont certes suffisants pour alimenter le parc électrique actuel. Cependant, il ne permettra pas de suivre la tendance du marché après 2020. L’Europe devrait de ce fait se mobiliser si elle veut entreprendre sa transition énergétique aussi rapidement qu’elle l’a projeté.

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Une aubaine commerciale pour les acteurs chargés des bornes publiques

Pour les acteurs en charge de la mise en place de ces bornes, voici une opportunité unique qui aiderait à accroître leur champ d’activité. Ces derniers pourraient en réalité avoir droit aux financements du Green Deal de l’Union européenne qui envisage d’investir plus d’un milliard d’euros pour tous les projets durables.

Toutefois, si le continent européen veut vraiment atteindre les objectifs inscrits dans son Green Deal, 40 % des nouveaux véhicules roulant sur le territoire devraient être à « zéro émission » jusqu’en 2030. De plus, aucun engin à moteur thermique ne devrait plus être commercialisé en 2035.

Qu’en est-il des bornes privées d’Europe ?

Si les stations de recharge publiques sont indispensables sur le réseau routier, dans les grandes villes et les localités en périphérie, elles ne représentent néanmoins qu’une part des points de recharge du continent. En effet, il existe à ce jour 2 millions de bornes privées et publiques en Europe.

D’après certaines études sur le sujet, il y aura 9 millions de bornes en 2025 et 20 millions, voire plus en 2030. Le parc privé possèdera 60 % de ces bornes.

Cas d’Eaton, société américaine spécialisée dans l’installation de points de recharge

Eaton, une entreprise américaine, est le leader en Norvège en matière de bornes privées: parkings, immeubles… Elle assure la gestion du ravitaillement d’environ 10 % des voitures hybrides et électriques dans la capitale norvégienne, Oslo.

Pour pouvoir soutenir l’installation des bornes que l’Europe doit détenir pour alimenter correctement tous les véhicules immatriculés sur le territoire, Eaton évalue les investissements à effectuer en Europe à 10 milliards de dollars sur une année, à l’horizon 2030. Ces placements incluent la fabrication, l’implantation et la maintenance des stations de rechargement.

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Il est clair que l’Europe vise haut. Il lui faudra toutefois fournir énormément d’efforts pour respecter son Green Deal, tout en approvisionnant convenablement toutes les automobiles électriques.