Les centrales nucléaires d’EDF qui vont bientôt voir leurs réacteurs éteints

Après la centrale de Fessenheim qui verra bientôt ses deux réacteurs s’éteindre, huit autres centrales nucléaires sont sur la sellette. EDF a dernièrement proposé quelques nouveaux noms à l’État pour une éventuelle mise à l’arrêt qui n’implique cependant pas une fermeture des centrales elles-mêmes.

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Les centrales nucléaires d’EDF proposées à une mise à l’arrêt

L’État français a en effet, avancé un projet de programmation pluriannuelle de l’énergie devant s’étaler sur la période allant de 2019 à 2028. Par ce programme, le gouvernement confirme sa volonté de réduire la part du nucléaire dans la production nationale d’électricité de 70 % en 2020 à moins de 50 % en 2035. Cela nécessiterait la fermeture de quatorze réacteurs d’ici là, dans la foulée de la centrale de Fessenheim qui arrêtera définitivement deux réacteurs cette année

EDF était tenue de proposer des sites dont les réacteurs peuvent être fermés à l’instar du site alsacien. Le fournisseur historique d’électricité de la France a donc avancé une liste de centrales nucléaires pour une éventuelle mise à l’arrêt.

Les sites de Blayais, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et Tricastin sont concernés. Les réacteurs étant prévus être fermés par paire, avec ceux de Fessenheim, on arrive au total à seize noms possibles. Ce prestataire d’électricité a donc une marge d’action assez confortable pour décider précisément lesquels de ces réacteurs seront fermés en premier.

Les scénarios probables de fermeture de ces réacteurs nucléaires

Aucune surprise n’a été observée à l’annonce des noms proposés par EDF. Les sites cités sont en effet, tous doté d’au moins quatre réacteurs de 900 MW chacun. En fermer deux n’occasionnerait pas de fermeture de la centrale nucléaire elle-même.

Il faut cependant rappeler que le souhait premier de l’exécutif et d’EDF était de fermer les centrales et non d’arrêter seulement quelques-uns des réacteurs.

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EDF ne recevra aucune indemnité

En plus du site de Fessenheim, la fermeture des douze autres réacteurs nucléaires d’EDF devra suivre un calendrier préétabli. Il a été évalué que l’amortissement de ses réacteurs par le prestataire historique d’électricité de la France se fait sur cinquante ans. C’est à ce moment-là que se tiendra la cinquième visite décennale.

Compte tenu de cet amortissement, l’État considère qu’il n’y a pas lieu de fournir une quelconque indemnisation pour EDF. Que ce prestataire historique d’énergie soit prêt à fermer douze de ses réacteurs, ne lui donne donc pas droit à une quelconque indemnité de la part du gouvernement.

L’ouverture à la consultation publique de la PPE

Le calendrier prévisionnel de la fermeture de ces réacteurs nucléaires va, de ce fait, allonger la durée de vie de ces réacteurs jusqu’à cinquante ans et même plus. Cependant, quelques-uns des équipements existants tels que les cuves n’ont été fabriqués que pour durer quarante ans. Allonger cette date augmenterait les risques encourus en réduisant les marges de sûreté prévisionnelles.

La programmation pluriannuelle de l’énergie dont l’ébauche a été annoncée vers la fin de l’année 2018 par le président Emmanuel Macron, a débouché sur un premier projet courant 2019. Une nouvelle version a été confectionnée plus tard avec la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) qui détaille la feuille de route de la France pour diminuer les émissions de GES d’ici à 2050. Ces deux projets sont aujourd’hui ouverts à la consultation publique jusqu’au 19 février 2020.

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La PPE déjà très critiquée à ses débuts

La programmation pluriannuelle de l’énergie ou PPE prévoit une augmentation du recours aux énergies renouvelables. Cette première partie est cependant pointée du doigt par les écologistes. Elle leur semble manquer d’ambition notamment concernant le développement des gaz verts et de l’énergie issue de l’éolien sur mer, bien que la ministre de la Transition écologique ait souligné que « le gouvernement allait dédier1,8 milliard d’euros supplémentaires au biogaz et augmenter de près de 40 % les capacités d’éolien en mer».