Les chaudières gaz sont-elles réellement compatibles avec la transition écologique ?

Les chaudières gaz sont décriées comme une source de pollution. Le détachement à ce mode de chauffage doit s’opérer progressivement afin de parvenir aux objectifs de neutralité carbone en 2050. Cependant, comment s’en défaire alors que son usage est toujours en forte croissance ?

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Les chaudières gaz et les chaudières fioul en 2020

En France, les chaudières gaz et les chaudières au fioul sont désormais classées en tant que mode de chauffage le plus carboné du marché en 2020. En effet, une chaudière gaz provoque 35 % de gaz à effet de serre de plus qu’un chauffage électrique joule. Elle émet également 4,5 fois plus de gaz à effet de serre qu’une pompe à chaleur.

L’Ademe a récemment effectué cette comparaison pour dénoncer le risque de ce mode de chauffage. En raison de son impact carbone important, le fioul doit être exclut du mix énergétique d’ici 10 ans, comme l’indique la Stratégie Nationale Bas Carbone en décembre 2018. Ce programme national souhaite planifier la décarbonation de tous les secteurs concernés (comme le transport, le bâtiment et l’industrie) par un budget carbone maximal et dégressif.

Les émissions à la combustion du gaz

La combustion au gaz provoque une émission directe de CO2 dans l’atmosphère, mais le risque ne s’arrête pas là. Effectivement, le phénomène engendre les émissions à l’amont au cours de l’extraction du combustible, du transport et de la distribution. Il occasionne également les émissions liées aux pertes de distribution. Ainsi, le chauffage au gaz est considéré comme un usage saisonnalisé à 100 %.

Par ailleurs, il faut noter que le chauffage électrique engendre également des émissions de polluants, car il implique un mix de production différent et donc carboné. Ce qui signifie que même le chauffage électrique présente un impact carbone. Ce dernier est pris en compte dans les facteurs d’émissions de CO2 de l’électricité dans le cadre de l’usage du chauffage.

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Les perspectives d’avenir des chaudières gaz

Même si le chauffage électrique est assez polluant, il profite encore d’un bel avenir devant lui, ce qui est l’inverse des chaudières gaz.

En 2030

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (un outil de pilotage de la transition écologique en France) dévoile une présence de biométhane à 7 % dans le réseau de gaz en 2030. Quant à GRDF (Gaz réseau distribution France ou une société de distribution de gaz), il propose une présence à hauteur de 30 % de biométhane dans le réseau en 2030. Dans tous les cas, le taux d’émissions de CO2 serait encore de 25 %, ce qui est plus important que le facteur d’émissions de l’électricité actuel pour l’usage du chauffage. Pour l’horizon 2030, la chaudière gaz sera toujours considérée comme un mode de chauffage carboné sur le marché (même avec la présence de biométhane).

En 2050

Aujourd’hui, le gaz se situe à la 2ème position dans le classement des énergies les plus consommées dans le secteur du bâtiment. Il se situe derrière l’électricité. Pour 2050, il devrait se trouver à la dernière place, selon la Stratégie Nationale Bas Carbone. En effet, son usage sera réduit à 7 % soit à 35 TWh, s’il occupe encore en ce moment 27 %, soit 210 TWh. Pour atteindre cet objectif, les foyers chauffés au gaz devront remplacer les chaudières gaz par d’autres moyens de chauffage moins carbonés, comme des pompes à chaleur, des chaudières bois…

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Il faut souligner que le gaz ne pourra être converti à 100 % en énergie renouvelable d’ici 2050 (par du biométhane à 100 %), même si c’est l’objectif fixé par la Stratégie Nationale Bas Carbone. Néanmoins, elle espère une réduction significative (une division par 6) de la quantité de gaz utilisée dans le domaine du bâtiment entre 2015 à  2050. Dans cette optique, une décarbonation des vecteurs énergétiques s’impose.