L’impact environnemental de l’industrie de la mode

Chaque année, 100 milliards de vêtements et d’accessoires de mode circulent à travers le monde. Ces chiffres témoignent du phénomène de la mode jetable liée aux achats compulsifs. Sachez cependant qu’un tel comportement est contraire à l’éthique écologique.

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L’industrie polluante de la mode

La mode s’inscrit dans la liste des industries les plus polluantes du monde. En effet, 20 % des eaux usées mondiales et 10 % des émissions mondiales de CO2 proviennent de cette filière scandaleuse. À ces taux éloquents doit s’ajouter le fait que la teinture des textiles constitue la deuxième cause de pollution des eaux à travers le globe, si l’on en croit le rapport de la Fondation Ellen MacArthur.

La filière suit un cercle vicieux, dont l’impact carbone est déplorable. Depuis les champs de coton jusqu’à la boutique, un jean peut parcourir jusqu’à 1,5 fois le tour de la Terre (65 000 km) et consommer 2 000 litres d’eau. Après leur achat, l’entretien des vêtements en fibre synthétique rejette vers la mer 500 000 tonnes de plastiques par an. Ces chiffres correspondent à 50 milliards de bouteilles de plastique. Les fibres synthétiques expulsent en effet des microparticules de plastiques dans les eaux. Ces éléments restent trop fins pour être filtrés par les centrales d’épuration.

Les conséquences environnementales du textile

L’Agence européenne de l’Environnement a publié une étude intitulée « Textiles and the environment in a circular economy ». Le résultat est inquiétant. En 2017, la production et l’usage de vêtements, de linges de maison et de chaussures au sein de l’UE consommaient 1,3 tonne de matières premières et 104 mètres cubes d’eau par personne. Ces ressources sont puisées dans des régions hors Europe. En matière d’émission de gaz à effet de serre, le textile produit environ 654 kg d’équivalent CO2 par habitant, soit la 5e position dans la création de CO2 relative à la consommation individuelle.

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L’industrie de la mode n’est pas tenable

L’industrie de la mode revêt un caractère non durable, car seulement 1 % des textiles sont recyclés. Chaque seconde, l’équivalent du contenu d’un camion-poubelle de textile est brûlé ou enfoui. Si ce cycle continue, la filière occupera la plus grande part du budget carbone mondial d’ici 2050, selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Ce constat indigne Éléonore Kubik, chargée de mission Gestion et Prévention des Déchets à France Nature Environnement. Elle estime « qu’émettant 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an, soit plus que l’ensemble du trafic aérien et maritime mondial, l’industrie de la mode n’est pas tenable ».

Pour l’Hexagone, le secteur occupe 2,7 % du PIB et génère un chiffre d‘affaires considérable de 150 milliards d’euros l’an et procure un million d’emplois. Pourtant seul un tiers des vêtements est recyclé, le reste est versé à la décharge ou en incinérateur.

Les solutions pour y remédier

Pour lutter contre ce gâchis, la moindre contribution si infime soit elle est la bienvenue. Dans cette optique, France Nature Environnement a organisé la campagne : « Faut pas gâcher les textiles ». La promotion veut sensibiliser chaque acteur à l’impact environnemental de la surconsommation de textiles. Pour obtenir l’effet escompté, la fédération a assimilé la campagne à une forme de quizz : « Connaissez-vous les impacts de votre garde-robe sur la planète ? ». Un article intitulé : « Ma démarche pour rendre ma garde-robe plus respectueuse de la planète » a également été publié. En guise de solutions concrètes, elle recommande :

  • La réparation des vêtements
  • L’achat d’occasion
  • Le recyclage des vêtements hors d’usage
  • Le bannissement des achats compulsifs

La mode, nouvelle forme d’esclavagisme

Outre son empreinte carbone majeure, l’industrie du textile cache un autre côté bien obscur. En effet, sur les 40 millions d’employés au service de la filière souffrant d’une forme d’esclavagisme moderne, 70,1 % sont constitués de femmes, d’après Global Slavery Index.

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Les heures supplémentaires obligatoires non payées, l’emploi des enfants, les violences, privations et sévices sur des femmes ne remplissant pas leurs objectifs sont le lot de ces gens, dans l’indifférence générale.