L’usage de l’électricité pour les bâtiments neufs dans le prochain RE 2020

La RE 2020 remplacera la RT 2012 aujourd’hui en vigueur dans les bâtiments neufs. Il s’agit d’une nouvelle règlementation environnementale. Elle succèdera également à l’expérimentation E+C- qui fait office de préfiguration. Toutefois, le projet environnemental alimente de nombreux débats entre les différents acteurs du chauffage.

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Les acteurs écologistes signent contre la RE 2020

Selon 1 300 professionnels de la thermique (composé d’architectes, de thermiciens, de responsables publics et de concepteurs de bâtiment), la Règlementation environnementale RE 2020 ne pourra pas tenir ses promesses. Ce constat s’est manifesté sous la forme d’une pétition publiée en ligne le 26 novembre 2019 par 920 thermiciens. La requête demande une réintégration du Bilan Bepos (Bâtiment à énergie positive). Rappelons que ce bilan a été abandonné alors qu’il prenait en considération toutes les consommations d’énergie d’un bâtiment. La pétition demande de maintenir le coefficient d’énergie primaire (ou CEP) à 2,58. Elle souhaite également renforcer les travaux concernant l’enveloppe des bâtiments tout en conservant l’indicateur Bbio (Besoin Bioclimatique) qui a été intégré dans la RT 2012, mais délaissé dans la RE 2020.

L’État propose l’électricité dans la nouvelle RE 2020

En guise de riposte, le gouvernement a donné sa position lors d’un colloque de l’Union française de l’électricité le 3 décembre 2019. Il conseille plutôt d’utiliser cette source d’énergie pour le chauffage des bâtiments neufs.

Une solution efficace pour atteindre l’objectif de neutralité carbone

Le chef de service du climat et de l’efficacité énergétique Olivier David a annoncé la nécessité de l’électricité pour atteindre les objectifs de neutralité carbone pour 2050. Cette déclaration sonne comme une menace pour les acteurs de la filière gaz qui ont largement profité de bénéfices faramineux dans le cadre de la RT 2012. Il faut souligner en effet que cette source d’énergie a longtemps alimenté le chauffage des bâtiments neufs grâce à la Règlementation thermique 2012. Aujourd’hui, tous les acteurs sont encore partagés entre l’utilisation de l’électricité et du gaz dans le cadre de la RE 2020.

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Évaluer le coefficient d’énergie primaire

Tout au long du colloque, O. David a révélé la décision des pouvoirs publics concernant la réduction du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire. Ainsi, elle passera de 2,58 à 2,3. Ce coefficient représente la consommation totale d’énergie primaire issue des ressources naturelles qui n’a encore subi aucune transformation, et qui est nécessaire pour alimenter les besoins réels en chauffage, refroidissement, éclairage, production d’eau chaude sanitaires et auxiliaires. Pour obtenir de l’électricité à hauteur de 1 KWH, il faut à l’heure actuelle 2,58 KWH d’énergie primaire. La Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) demande de réduire le facteur d’énergie primaire à 2,1. Cependant, l’administration a déclaré qu’un coefficient de 2,3 serait suffisant. L’association française NégaWatt fondée en 2001 déclare, quant à elle, qu’il faudrait envisager dans la RE 2020 un coefficient de 2,74. Ainsi, les discussions sont toujours en cours concernant le nouveau projet environnemental.

L’Etat encourage la révision de la valeur du facteur d’émission carbone

Le gouvernement propose également une révision de la valeur du facteur d’émission carbone, plus connu sous l’appellation de Contenu en CO2 du kWh électrique. Il propose un abaissement de 210 g de CO2 / kWh à 80 g de CO2 / kWh. Cette initiative pourrait réduire l’impact carbone du chauffage électrique à 62 %. Toutefois, cette suggestion est réfutée par l’association Coénove. Celle-ci estime qu’il faut conserver les 210 g afin d’appréhender la hausse des besoins en chauffage durant la période hivernale.

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L’usage de la chaleur renouvelable dans la construction neuve

Dans l’optique d’une utilisation de l’électricité pour les bâtiments neufs sous la RE 2020, les énergies renouvelables seront à l’honneur. En effet, les nouvelles constructions devront s’équiper de chaudières biomasse, de pompes à chaleur, de panneaux photovoltaïques ou d’autres radiateurs intelligents. Pour parvenir à cette fin, les experts conseillent un changement conséquent dans les pratiques actuelles en matière de chauffage.