Objectif du groupe Avril en 2020 : mettre 3 000 camions au biocarburant

Cette année 2020, l’usine du Groupe Avril située à Grand-Couronne, à proximité de Rouen, envisage d’accroître sa production d’Oleo 100, un carburant purement végétal. Aujourd’hui, plus de 300 camions roulent grâce à ce type de carburant. Le groupe ne compte pas s’arrêter sur sa lancée. Avec la transition écologique, ce biodiesel pourrait avoir un bel avenir. Les détails.

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Une usine fonctionnant à plein régime pour la production d’Oleo 100

L’usine de production du site de Saipol, implanté en Seine-Maritime, fonctionne actuellement à plein rendement. Cette usine appartient au groupe Avril, l’un des leaders mondiaux en matière de transformation du colza. Elle se spécialise dans la production de tourteau pour l’alimentation animale, d’huile alimentaire et de glycérine pour le secteur cosmétique et pharmaceutique.

Depuis une année, l’usine s’est mise à la production d’ester méthylique d’huile végétale, dont l’appellation commerciale est « Oleo100 ». Ce biodiesel 100 % végétal entièrement fabriqué en France pourrait être le produit attendu en 2020 pour entamer une marche plus rapide en vue de réduire les émissions de CO2.

La fabrication de l’Oleo 100 induit-elle à la déforestation ?

Lorsque l’on pense que l’Oleo 100 est issue d’une production naturelle, l’idée de la déforestation vient immédiatement à l’esprit. Kristell Guizouarn, la directrice Énergies Nouvelles du Groupe Avril, précise que le colza provient d’une monoculture en rotation avec l’orge et le blé. Il ne monopolise pas les sols. Il n’engendre de ce fait aucun risque de déforestation.

Sa portée économique, environnementale et agronomique est considérable, dans la mesure où les traitements phytosanitaires sont soigneusement réalisés. De surcroît, sa production constitue pour les agriculteurs un complément de revenus.

À l’heure actuelle, le groupe détient plusieurs stocks d’huile. Ce qui lui permet de fournir une quantité conséquente d’Oleo 100.

L’Oleo 100 : pour les moteurs de poids lourds

Au bout de quatre années de recherches, le groupe Avril a réussi à faire fonctionner des moteurs de camions grâce à son biocarburant. Afin d’obtenir les homologations, le spécialiste collabore avec tous les motoristes.

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Il souligne que l’Oleo 100 s’adresse avant tout aux flottes actives et aux professionnels qui possèdent un large parc de poids lourds. Cela inclut entre autres les collectivités, le BTP, les embarcations fluviales, les routiers ou encore la branche ferroviaire.

Une étape franchie vers la transition énergétique

Grâce à cette solution écologique, les camionneurs auront à leur disposition l’alternative idéale pour leur transition énergétique. La demande sera alors importante, sachant que le transport routier est une activité dont on ne pourra pas se passer de sitôt.

Sur le papier, les propos avancés par le groupe semblent particulièrement prometteurs. L’Oleo 100 permettrait de diminuer l’émission de gaz à effet de serre de 60 %, celles de particules de 80 %. Il peut être conservé sans nécessiter une déclaration en préfecture. En termes de consommation, celle de l’Oleo 100 est identique au gazole. Enfin, il est compatible avec plusieurs modèles de moteurs.

Kristell Guizouarn et tous les acteurs du groupe Avril l’affirment, cette nouvelle énergie se fixe des objectifs bien ambitieux. Depuis un an déjà, ils ont ravitaillé une quarantaine de clients, à raison de 5 000 mètres cubes. Parmi ses clients, le groupe compte trois collectivités, à savoir Monaco, Granville et Alençon.

L’année précédente, 300 camions ont déjà utilisé l’Oleo 100. Plusieurs grands noms du BTP s’en sont servis pour mettre leurs groupes électrogènes en marche. À ce jour, le projet 2020 d’Avril est d’atteindre 200 clients, 35 000 mètres cubes et 3 000 camions. D’ici 2023, il envisage de parvenir à 15 000 poids lourds et 250 000 mètres cubes.

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Si l’Oleo 100 tient ses promesses, cela pourrait grandement promouvoir l’énergie verte. En ce début d’année, Avril prévoit de démarrer des expérimentations pour s’étendre vers le transport fluvial. De plus, il conclura un partenariat avec la Métropole Rouen Normandie, qui projette d’employer l’Oleo 100 dans un programme spécial, dédié à la suppression des pesticides et au développement agricole.