Première croisière écologique à Marseille

Le secteur maritime est toujours pointé du doigt pour son importante empreinte carbone. Dans un esprit plus écoresponsable, le Costa Smeralda propose l’usage de GNL en guise de carburant. Le navire lance une nouvelle ère dans le secteur du transport maritime avec l’usage d’un carburant plus propre.

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Le Costa Smeralda devient le premier bateau de croisière écoresponsable

Mesurant 337 m de long et comportant 2 612 cabines, le Costa Smeralda constitue le premier bateau de croisière respectueux de l’environnement. Le navire utilise un carburant fossile moins polluant connu sous le nom de GNL (Gaz naturel liquéfié). Cette initiative de la compagnie Costa est le résultat de la demande des associations de défense de l’environnement. L’entreprise italienne a en effet été sollicitée par les ONG environnementales afin de proposer des solutions durables dans l’industrie de la croisière.

C’est à Marseille que le premier paquebot durable a proposé aux vacanciers un voyage écologique le 29 décembre 2019. Tous les dimanches, le navire embarquera les passagers au départ de la ville pour des croisières de 7 jours à travers la Méditerranée.

Une victoire pour les associations environnementales

Les associations environnementales ont imposé il y a 5 ans à l’entreprise Costa une obligation de rendre les croisières plus durables. La compagnie a finalement suggéré l’usage du GNL. Rappelons que ce carburant fossile est déjà utilisé par les bateaux plus petits. Cependant, c’est la première fois que la ressource est utilisée sur un navire de plus de 200 000 tonnes. Selon le président de Costa France Georges Azouze, il s’agit d’une réelle marche vers l’écologie. Son usage permet la diminution de l’émission de CO2 à hauteur de 20 % et des particules à 95 %.

Les associations de riverain de Marseille se sont mobilisées pour lutter contre la pollution des escales de paquebots sur le territoire. Avec l’arrivée du Costa Smeralda, la section Provence Alpes Côte d’Azur de FNE (France Nature Environnement) remarque une grande avancée dans l’industrie de la croisière. Encore faut-il que les autres compagnies empruntent le même chemin. Quant à MSC (la deuxième compagnie de croisière sur le marché français), son tout premier bateau au GNL sera disponible en 2022.

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La lutte contre la pollution

En 2015, FNE a estimé qu’un paquebot à l’arrêt émettait plus de pollution que 1 million de voitures, en matière de particules fines. Toutefois, cette affirmation a été contestée par une étude du réseau de contrôle de l’air Atmosud. L’enquête a révélé que l’ensemble du trafic maritime (cargos, pétroliers, car-ferries et croisière) n’occupait que 5 % de la pollution totale en particules fines. L’étude a également dévoilé une émission de 30 % d’oxydes d’azote (produit favorisant l’effet de serre).

À Marseille, la croisière constitue un réel avantage économique, car l’activité génère un profit de 300 millions d’euros. La ville compte plus de 300 paquebots de croisière et plus de 60 000 navires de commerce. L’usage du GNL constitue un très bon exemple d’une démarche écologique même dans les secteurs les plus polluants, souligne le président du Club Croisières Marseille Provence.

Le GNL, le carburant le plus propre à ce jour

L’utilisation du GNL constitue un véritable défi technologique. En effet, son stockage nécessite une température de moins de 160 °C. Le bateau écoresponsable a nécessité un investissement de plus d’un milliard d’euros. Il a été commandé il y a 5 ans aux chantiers navals Meyers en Finlande après la demande des associations environnementales. Selon le président du groupe Costa Neil Palomba, le GNL a été choisir, car il reste le carburant fossile le plus propre disponible à ce jour.

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Malgré ces efforts, le président de la fédération Provence-Alpes-Côte d’Azur de France Nature environnement remarque encore une insuffisance. En effet, le gros navire a toujours un fort impact sur l’écologie, même si ses émissions sont moindres.