Professionnels de la croisière : vers la transition énergétique

Toujours harcelés pour leur impact environnemental, les acteurs de l’industrie de la croisière comptent déployer de nouveaux dispositifs afin de réduire leur pollution. D’ici quelques années, des paquebots fonctionnant au gaz naturel liquéfié ou GNL seront mis en mer. Ainsi, dans le cadre de la transition énergétique, la branche de la croisière entend elle aussi porter sa contribution. Les détails.

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Des paquebots propulsés au GNL en construction

Alors que le groupe Costa Croisières organisait une conférence de presse à Paris, il y a de cela quelques jours, le vice-président Europe du nord Raffaele d’Ambrosio a indiqué que le groupe travaille depuis quelques années sur des systèmes de haute technologie, se fondant sur l’utilisation du GNL. Il confirme que le GNL est sans nul doute le carburant fossile actuellement le plus salubre.

En ce moment, un peu moins d’une trentaine de paquebots fonctionnant au GNL sont en cours de construction. Cela équivaut à 44 % de la totalité de la flotte maritime en projet dans le globe. Le 29 décembre 2019, lors d’une escale à Marseille, le groupe a inauguré le Costa Smeralda, un titan des mers d’une longueur de 337 m, ayant une capacité d’accueil de 6 600 passagers.

Son atout est d’être le second navire de croisière au monde, sur les 250 paquebots présentement en activité, à employer le GNL, carburant qui ne diffuse pas de dioxyde de soufre. Mieux encore, le groupe Costa affirme que le gaz naturel liquéfié diminue les émissions de CO2 de plus de 20 % et les particules fines jusqu’à 95 %.

Respect des réglementations grâce au GNL

Le 1er janvier 2020, l’Organisation maritime internationale a baissé la limite du taux de soufre des carburants à 0,5 %, si auparavant il était à 3,5 %. Le délégué général du Groupement des industries de construction et activités navales ou Gican, François Lambert, souligne que les législations sont plus draconiennes qu’elles ne l’ont été jadis.

Malgré cela, les navires en construction respectent scrupuleusement ces règlements, notamment grâce au GNL. Il ajoute que le principal objectif est le « mix technologique », coupé au « zéro émission ». Dans cette perspective, le GNL constitue l’alternative idéale.

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Et face aux nombreuses attaques que subit le secteur de la croisière en matière de pollution, les acteurs tiennent à préciser que leurs efforts sont déjà énormes. Pour les investissements qu’ils ont réalisés depuis, il serait temps d’apprécier leurs résultats et de stopper les persécutions. En réalité, un navire propulsé au GNL nécessite un investissement d’au moins un milliard d’euros.

La transition énergétique : un devoir pour tout le monde

D’autre part, le secteur de la croisière souligne que l’ensemble du transport maritime n’émet que 2 à 3 % de CO2, et se charge de plus de 85 % du commerce mondial. Les professionnels de la croisière ne désirent pas être les seuls acteurs à fournir des efforts pour contribuer à la transition écologique. Tout l’écosystème doit y prendre part.

Et pour y parvenir, les paquebots au GNL doivent pouvoir être ravitaillés correctement, comme le dit le président de Clia et porte-parole du croisiériste MSC, Erminio Eschena. Pour que les navires fonctionnent comme il faut, un minimum d’équipements dans les ports est également requis. Les paquebots doivent encore laisser leurs moteurs en marche durant leurs escales. Ce qui n’est sûrement pas propice à la transition énergétique.

Depuis plusieurs années, les navires sont pourvus de matériel leur permettant de se connecter à l’électricité sur quai. Cependant, seule un peu plus d’une dizaine de ports à travers le monde offre des branchements électriques. Aucun port européen n’en est équipé.

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Bref, si l’industrie de la croisière, qui ne cesse de progresser, attend pour l’année 2020, 32 millions de passagers, elle peut déjà se targuer des efforts qu’elle a fournis pour promouvoir la transition énergétique. Elle souhaite donc que ceux-ci ne soient pas vains et que les autres professionnels y mettent également du leur.