Quelle apparence prendra la future climatisation ?

Les systèmes de climatisation sont de plus en plus répandus à travers la France, alors que leur usage n’est pas sans conséquence sur l’écosystème. De nouvelles initiatives sont sur le point d’aboutir afin de répondre à un système de rafraîchissement durable. En attendant les prouesses technologiques, il faudra se contenter des alternatives à la climatisation classique.

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La climatisation, cause du réchauffement climatique

La climatisation est un équipement très commun dans les locaux professionnels, les magasins ainsi que dans les foyers des particuliers. Cet engouement pour le rafraîchissement artificiel résulte de l’intensification des périodes de canicules. Selon le responsable des équipements climatiques à l’Ademe, Céline Laruelle : « On prévoit une forte augmentation ces prochaines années. Les gens se précipitent pour acheter des climatiseurs mobiles ». Pourtant, ces dispositifs participent à la hausse de la température globale.

En effet, l’air conditionné est très énergivore. Les appareils dégagent de l’air chaud. Le système s’appuie sur le principe de la pression mécanique de fluides frigorigènes. Pourtant, ces fluides présentent un caractère polluant,  propageant une quantité massive de CO2.

Selon le syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques Uniclima, ces appareils sont responsables de 4 % des émissions de gaz à effet de serre sur le continent européen. Céline Laruelle craint une hausse de ce chiffre suite à l’intensification de l’usage de cette technologie.

Inventer un modèle durable

Afin de contrôler cette émission massive des climatisations des appartements, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie souligne l’importance de l’extraction du fluor, possédant un pouvoir réchauffant. Elle suggère l’usage de carbone en guise de produit de substitution. Cependant, ce dernier peut devenir inflammable, ce qui soulève d’autres problématiques. La responsable chez l’Ademe déclare un « vrai besoin de recherche » pour créer une nouvelle technologie.

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C’est ainsi qu’a vu le jour le Global Cooling Prize. Il s’agit d’un concours du Rocky Moutain Institute (un institut de recherche basé aux États-Unis) et du gouvernement indien. Ils se sont donnés comme objectif d’inventer un nouveau mécanisme de refroidissement par air. L’initiative profite d’une enveloppe budgétaire à hauteur d’un million de dollars. Huit finalistes ont été sélectionnés et devront mettre en place des prototypes à tester en laboratoire prochainement.

Quelles sont les solutions à court terme ?

En attendant les innovations technologiques en matière de climatisation mobile, quelques solutions sont envisageables :

  • La mise en place d’espaces végétalisés dans les zones urbaines ;
  • L’usage des réseaux de froid ;
  • L’installation de brise-soleil ;
  • L’aération des pièces du matin au soir ;
  • L’usage des moyens de ventilation.

Dans l’optique de tirer profit d’un réseau froid, le président de la Fédération des services énergies environnement ou Fedene, Pascal Roger, apporte quelques explications. Selon lui, le mécanisme obéit à une démarche précise :

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  • Le froid généré dans les usines centralisées est versé aux bâtiments via un réseau d’eau glacée pour approvisionner les climatisations intérieures ;
  • L’eau réchauffée par ces dernières sera ensuite reversée dans les centrales, en circuit fermé.

Il estime que ce mécanisme limite le réchauffement de l’air ainsi que les fuites de fluides frigorigènes. Seul problème, les réseaux de froid sont encore rares sur le sol français. Le directeur compte donc sur la sagesse du gouvernement pour espérer un développement dans ce sens : « les villes devront donc mettre en place des politiques urbaines durables en matière de climatisation ».