Réduction de la consommation de gaz de 20 % en France dans les dix prochaines années

Le gouvernement a enfin publié la feuille de route énergétique de la France pour les dix années à venir. Si la filière du biogaz semble être privilégiée, la consommation totale de gaz sera fortement réduite pour répondre aux engagements de diminution des émissions de dioxyde de carbone.

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Des mesures drastiques pour atteindre les objectifs environnementaux de la France

La consommation de gaz des Français devra tendre sérieusement à la baisse pour atteindre les objectifs environnementaux fixés par l’État. Une réduction d’au moins 22 % est ainsi attendue d’ici à 2028 au niveau de la quantité de gaz utilisée en France. Ces faits sont tous inscrits dans la programmation pluriannuelle de l’énergie dernièrement publiée.

Le gaz en tant qu’énergie fossile doit, ainsi, disparaître du mix énergétique de 2050 de la France. La priorisation devra ainsi porter sur le secteur du gaz en tant que biogaz.

Le gouvernement ne pense cependant pas imposer des mesures contraignantes aux citoyens pour atteindre ses objectifs. Selon ses estimations, les actions d’efficacité énergétique à réaliser, notamment dans le bâtiment, suffiront amplement pour y parvenir.

Toutefois, Engie, comme d’autres acteurs plus impliqués dans le secteur du gaz, déplore qu’aucune mesure concernant l’électricité ne figure dans les hypothèses de travail, les actions étant toutes focalisées sur la réduction de la consommation du gaz. Cela entraînera inéluctablement un accroissement de la demande en électricité, notamment durant la période froide hivernale, alors que la production en électricité décarbonée de la France est insuffisante pour y répondre.

Une augmentation lente du biogaz dans les années à venir

Les déchets végétaux, les résidus de l’agriculture, les boues des stations d’épuration, les lixiviats, etc. permettent de produire du biométhane. Ce gaz biologique est prévu remplacer le gaz fossile actuel. L’État prévoit d’augmenter la quantité de biogaz injectée dans le réseau gazier de la France en la faisant passer de 1,2 TWh à 6 TWh de 2018 à 2023.

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GRDF, le gestionnaire du réseau gazier de la France rétorque que le potentiel existant est plus important que celui estimé. En effet, pas moins de mille projets de méthanisation sont aujourd’hui en cours de réalisation. Cela revient à un potentiel d’au moins 21 TWh.

Ceci infirmerait l’évaluation, trouvée dans la feuille de route étatique, qui avance une proportion de 6 % à 8 % de biogaz sur la totalité de la consommation en gaz d’ici une dizaine d’années.

La réduction de coûts grâce à des gestes gouvernementaux pour une transition énergétique équilibrée

La précédente PPE publiée à la fin de l’année 2018 était estimée trop onéreuse. L’État a donc essayé de trouver une solution en proposant un tarif de rachat plus faible auprès des producteurs. Le tarif visé pour 2023 est revu à 67 euros le MWh si, auparavant, il était de 75 euros.

Cet écart lui permettrait de constituer une enveloppe de soutien public d’à peu près 9,7 milliards d’euros pour la période qui court de 2019 à 2028. La valeur de cette enveloppe affiche donc un surplus de 1,8 milliard d’euros supplémentaires par rapport à son montant précédemment estimé.

Dans tous les cas, les producteurs seront obligés de prendre des mesures qui leur permettraient d’ajuster leurs finances à leurs ambitions, d’autant plus que le gouvernement veut imposer un prix de rachat moyen de 60 euros dans dix ans. La baisse enregistrée sera alors de 37 % par rapport au tarif de rachat actuel. Les nombreux prestataires énergétiques s’insurgent contre ce dessein et objectent que réduire leurs tarifs jusqu’à ce niveau, leur est tout simplement impossible.

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Remarquons que l’État, par la réduction de la consommation de gaz de ses citoyens, veut diminuer la quantité de cette énergie fossile qu’il importe, car le gaz naturel distribué en France provient intégralement de Norvège, de Russie, d’Algérie, du Nigeria et du Qatar.