Réutilisation des eaux usées : le cas de la France

La réutilisation des eaux usées aussi nommée reuse semble représenter une solution prometteuse pour faire face à la pénurie d’eau mondiale. Les eaux usées traitées peuvent trouver une utilisation pour irriguer des espaces verts ou des champs de culture, pour éteindre des incendies, pour le lavage des rues, pour recharger les nappes phréatiques… Qu’en est-il actuellement de la France ?

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Une technique encore très peu développée

Au contraire des États-Unis, de l’Australie, de la Californie, de Chypre, de l’Espagne, de la Floride, d’Israël, de la Jordanie, de Malte, de Singapour…, la France est en retard par rapport à la reuse. Or, les eaux usées sont omniprésentes sur le territoire au contraire des eaux salées dont le dessalement énergivore et campé sur les zones côtières, permet aussi de pallier à la pénurie d’eau.

Le retard accusé par la France vient notamment de l’insuffisance de la sensibilisation du public et de la rigidité de la réglementation. La loi du 21 mai 1991 valable pour toute l’Union européenne énonce clairement que « les eaux usées seront réutilisées lorsque cela se révèle approprié ». Chaque pays européen a donc le loisir de développer sa propre réglementation sur ce secteur.

La France pour sa part, a défini ses propres critères pour que des eaux usées traitées soient réutilisables. Les acteurs de ce domaine demandent que la loi qui les réglemente soit assouplie pour faciliter la réutilisation des eaux usées assainies.

C’est donc la sévérité des réglementations locales qui détermine l’inégalité de la réutilisation des eaux usées au niveau mondial.

Une estimation assez délicate

Les eaux usées sont épurées et réutilisées dans au moins soixante pays. Il est cependant, difficile de déterminer lequel d’entre eux en est le plus grand utilisateur à cause de l’insuffisance de données normalisées.

Selon toutefois les informations existantes, ce sont la Chine, le Mexique et les États-Unis qui en consomment le plus. Les deux premiers pays cités utilisent cependant des eaux usées assainies de moindre qualité, car les traitements sont insuffisants.

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Considérant la quantité d’eau réutilisée par rapport à celle utilisée au total par habitant, ce sont le Koweït, l’Israël et Singapour qui se hissent aux premières places. Pour la qualité des traitements d’épuration des eaux usées, c’est sans aucun doute la Californie, Singapour et le Japon qui sont les plus innovateurs.

Se référer à Singapour

Singapour est incontestablement une référence dans le traitement et la réutilisation des eaux usées. Cette île de 699 km2 a, en effet, dû se tourner vers cette solution pour contrer la pénurie d’eau qui l’a frappée. Elle les traite notamment par une technique qui combine microfiltration, osmose inverse et rayonnement UV.

L’eau ainsi obtenue, appelée « Newater », est destinée aux applications industrielles ainsi qu’aux tours de refroidissement. Une petite partie de cette Newater est mélangée avec de l’eau naturelle pour ravitailler le réseau d’eau potable de toute l’île. Cette réutilisation directe est très rare du fait de la répulsion psychologique.

L’unique station d’épuration d’eaux usées destinée à offrir une potabilité à grande échelle qui existe à ce jour, est celle de Windhoek en Namibie.

Quelques obstacles à la réutilisation des eaux usées

Le principal souci avec cette solution prometteuse pour contrer la sécheresse, relève d’un problème d’acceptabilité sociale. Les usagers répugnent à en consommer et ont des craintes quant à sa solvabilité sanitaire.

Son utilisation dans des domaines précis tels que la recharge de nappes phréatiques, l’irrigation d’espaces verts… soulève également des questions. Ces eaux, même épurées, ont un degré de salinité assez élevé, ce qui peut porter préjudice aux terres arables en altérant leur productivité et la qualité des produits. Il est aussi possible que des micropolluants, ces perturbateurs endocriniens potentiels s’y retrouvent.

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Toutefois, la France comme tant d’autres pays travaillent activement au développement de nouvelles techniques de traitement pour que la qualité de l’eau assainie soit adaptée à l’usage auquel il est destiné.