Transition écologique : Elisabeth Borne s’attaque aux SUV

Avant de siéger au ministère de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne a été ministre des Transports. Aujourd’hui, elle s’attaque aux SUV et à leur impact sur l’environnement. Au cours de la présentation des vœux le 17 janvier 2020, la ministre a critiqué la réglementation européenne. Selon elle, la loi encourage davantage les constructeurs à la vente de ce modèle très polluant.

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Le plafond de 95 g/km de CO2 difficile à atteindre pour certains types de voitures

Sur le continent européen, tous les constructeurs automobiles doivent se limiter à une moyenne d’émission de CO2 à hauteur de 95 g/km. Cette réglementation s’applique sur l’ensemble de leurs gammes. En cas de manquement, le responsable sera passible d’une grosse amende de 95 euros par gramme de CO2 excédentaire. La somme totale sera ensuite multipliée par le nombre de voitures commercialisées à travers l’Union européenne.

Malgré cette sanction sévère, les fabricants éprouvent de la difficulté à suivre cette règle à la lettre. Par ailleurs, la limitation de 95 g peut varier suivant le poids du véhicule commercialisé. Ce sont les voitures plus lourdes qui profitent d’une certaine exonération, au détriment des petites voitures.

L’Allemagne privilégie les SUV

Selon la ministre de la transition écologique et solidaire Elisabeth Borne, les SUV profitent d’un avantage considérable par rapport à ses concurrents sur le marché. La politicienne vise particulièrement le cas de l’Allemagne. Selon ses propos, la réglementation sanctionne uniquement les constructeurs spécialisés dans la production de petites voitures et non les « gros constructeurs ».

Pour y remédier, la ministre préconise une modification des textes européens. Elle demande une promotion des voitures moins polluantes et non un bonus écologique aux véhicules plus lourds. Cette annonce sonne comme le début d’une bataille féroce entre la France et l’Allemagne dans le secteur de l’automobile.

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Les SUV, plus polluants, plus encombrants et plus lourds

Selon le chef du service transport et mobilité à l’ADEME, Jérémie Almosni, les SUV réunissent tous les critères négatifs pouvant affliger un véhicule: poids, pollution et encombrement. Il dénonce également leur impact carbone. Ces modèles sont de plus décriés par les associations écologistes qui voient là une source de pollution extrême.

À l’échelle nationale, le taux d’émission de gaz carbonique causé par les véhicules neufs a baissé progressivement depuis 16 ans avant de remonter en 2017. Au niveau européen, la hausse du taux d’émission de CO2 est principalement causée par le succès des SUV. Leur part de marché a d’ailleurs connu une hausse de 36 % en 2018.

La pollution des SUV s’explique principalement par sa forte consommation en carburant. De plus, le modèle est très encombrant. En 1996, la voiture était de 1,67 m de large en moyenne. En 2016, elle est passée à 1,78 m. En ville, cette dimension cause des problèmes de cohabitation avec les vélos, les deux-roues motorisés et les piétons.

Malgré leur pollution, les SUV ont la côte

Il faut noter que le succès des SUV est déterminant pour l’achat futur des ménages modestes. Puisque ce sont les modèles les plus en vogue sur le marché des véhicules neufs, ils constitueront dans quelques années les voitures phares dans le marché de l’occasion. Les ménages modestes qui se limitent à ce secteur devront ainsi dépenser plus pour acheter un modèle de seconde main. La tendance ces SUV prévoit ainsi un enjeu social assez complexe.

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Par ailleurs, le malus écologique ne prend en compte ni le poids ni la longueur du véhicule. Cependant, ces critères restent essentiels dans la réduction de CO2. Les élus proposent ainsi de taxer de manière plus spécifique les SUV au poids.