Vers une démarche écoresponsable de l’industrie du cinéma

À l’heure où l’on parle, l’industrie du cinéma reste très polluante. Cependant, les prises de conscience s’opèrent à petits pas et des mesures sont progressivement adoptées pour réduire l’impact carbone de cette filière en pleine croissance.

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La filière du cinéma veut amoindrir son impact carbone

Après l’arrivée d’un bonus de 15 % de subvention au profit des films qualifiés « d’exemplaires en matière de parité », l’industrie de la cinématographie a décidé d’adopter une démarche écoresponsable pour créer un bonus vert. Selon Xavier Lardoux (directeur du cinéma au Centre national du cinéma et de l’image animée ou CNC), le cinéma occupe une place fondamentale dans la prise de conscience des problèmes écologiques. Pour toucher un maximum de responsables dans la filière, le collectif Ecoprod a mis en place en 2010 une charte. C’est ainsi que le premier « Cinéma Green Lab » du festival du film européen des Arcs a vu le jour.

Du 14 au 21 décembre 2019 se sont donc tenues des conférences, des ateliers et des rencontres portant sur les bonnes pratiques à adopter dans le secteur du cinéma en faveur de l’environnement. Cette initiative a été motivée par les nombreuses critiques qui ont pointé du doigt les conséquences écologiques du Festival de Cannes, selon le directeur général du festival des Arcs Pierre-Emmanuel Fleurantin.

Petit rappel sur la pollution dans l’industrie du cinéma

Sa forte ampleur dans le monde de l’art et de l’industrie a fini par obscurcir le côté négatif de la cinématographie. En effet, cette filière est très polluante.

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La pollution durant le tournage

C’est la partie tournage qui engendre le plus d’émissions de CO2. Cette phase passe par la construction de décors qui seront détruits par la suite et c’est déjà une autre forme de gaspillage. Vient ensuite la consommation significative d’électricité. Comme la luminosité joue un rôle capital dans le tournage, les équipes qui en ont la charge doivent constamment régler les sources de lumière, même en plein jour. Puis il y a le transport des équipements et enfin l’alimentation de toute l’équipe qui provoque des déchets considérables.

Dans un souci de rendu plus naturel, certaines scènes de feu de forêt n’ont subi aucun effet spécial. Il est également impératif d’évoquer les gênes occasionnées par les équipes sur la flore. C’est à cause de ces pratiques peu écoresponsables que l’industrie de la cinématographie a fini par attirer les foudres des associations militantes pour la protection animale. L’enquête menée par l’université de Californie confirme l’impact carbone du secteur. L’industrie de la cinématographie produit par an 140 000 tonnes d’ozones et de particules diesel. De ce côté de l’Atlantique, cette filière provoque 1,1 tonne de CO2.

La pollution au moment de la promotion

Au cours de la promotion, la pollution est à son comble. Les acteurs sont expédiés aux 4 coins du globe pour effectuer la promotion du film. Après une bonne publicité, il est temps de visionner le chef-d’œuvre du réalisateur. À ce stade, les cinéphiles se pressent pour aller au cinéma afin de donner leur impression. Les trajets réalisés engendrent 350 000 tonnes de CO2, d’après le Centre National du Cinéma.

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Une prise de conscience progressive

Suite à une prise de conscience collective, le collectif Ecoprod a vu le jour en 2009. Il est constitué de France Télévision, de TF1, de l’ADEME et de la DIRECCTE d’Île-de-France. Sa première mesure a été la mise en place du premier calculateur d’empreinte carbone spécialisé dans la production audiovisuelle ou le Carbon’Clap. Puis, le collectif a lancé le guide de l’écoproduction. La structure connue sous le nom de Secoya Éco-tournage s’est également portée volontaire pour accompagner les productions audiovisuelles vers une démarche plus écoresponsable.