Vers une économie verte : quelles conséquences pour l’inflation et la croissance ?

Ces derniers mois, Greta Thunberg s’est fortement affairée pour que toute la population prenne conscience de l’urgence climatique. Aujourd’hui, tous domaines confondus, les enjeux environnementaux sont de taille. Le principal objectif est de se tourner vers une économie verte.

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Tous les Européens, y compris les Français, se doivent de diminuer leur empreinte carbone. Dans cet article, nous nous focaliserons spécialement sur l’impact d’un verdissement de l’économie, et notamment des politiques de réduction des gaz à effet de serre sur la croissance économique et l’inflation.

Les conséquences de l’économie verte sur l’inflation

L’objectif officiel de l’Union européenne à l’horizon 2030 est de baisser les émissions de gaz à effet de serre de 40 % par rapport aux chiffres de 1990. La Commission qui vient d’être formée a suggéré de relever cet objectif à 50 %. Pour atteindre ce taux, le premier moyen adopté est la hausse du coût du carbone. Dernièrement, celui-ci variait de 25 à 30 euros par tonne.

D’après les évaluations effectuées en Allemagne et dans l’Hexagone, le prix devrait avoisiner 250 euros en 2030 pour permettre de parvenir à l’objectif de diminution imposé. Partant sur des hypothèses conventionnelles de croissance, le taux de la taxe carbone serait de 2 % du PIB en 2030 si actuellement il est de 0,3 %. Cela équivaut à une augmentation annuelle égale à 0,2 point.

Dans l’idéal, cette somme serait injectée dans l’économie. Cela sera sans conséquence sur l’ensemble de l’activité. Elle sera simplement affectée vers des branches moins polluantes. Concrètement, cela pourrait se voir comme une déformation au sein de l’économie et que cette décision pourrait avoir des répercussions négatives, avec des prix plus importants.

D’après certaines estimations, l’inflation augmenterait de 0,3 point en 2021 et en 2022, alors que sur cette même période, la croissance ne changerait pas. Ce, si l’on tient compte d’un prix du carbone généralisé à 10 euros par tonne. Si le coût est de 25 euros par tonne, l’inflation pourrait être accrue à 0,5 point.

Bref, si la diminution des émissions de gaz à effet de serre est maintenue, cela pourrait hisser l’inflation de 0,2 à 0,5 point sur une année, et ce, pour les dix prochaines années. La politique monétaire pourrait favoriser l’économie verte si elle ne réagit pas à cet accroissement de l’inflation.

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L’économie verte mettrait-elle un frein à la croissance ?

Pour ce qui est de la croissance, les conséquences du verdissement de l’économie seraient neutres ou présenteraient le cas échéant une réduction de 0,1 à 0,2 point par an. Mais quand bien même l’impact de cette économie verte serait moindre, des transferts seraient réalisés entre secteurs et certaines entreprises polluantes pourraient disparaître.

L’impact se répercuterait sur l’emploi, car la fermeture d’une entreprise entraîne assurément la suppression de postes de travail. Voici un sujet que les responsables politiques craignent particulièrement.

Pour équilibrer ces pertes d’activité ou d’emploi, il faudrait engager de nouvelles dépenses afin de contribuer au développement des filières non polluantes. À ce point, le Green Deal n’est juste qu’un engagement imprécis voire une sorte de slogan publicitaire et apparemment, rien de plus.

En définitive, le problème réside essentiellement dans le consentement social d’une taxe carbone. Le concept même de la taxe serait qu’en parallèle, les ressources perçues soient redistribuées, afin de contrebalancer le coût de la transition énergétique.

Cependant, si le gouvernement utilise ce prétexte pour augmenter ses recettes, il risque fort de se faire rejeter. Cela a bien été démontré par la mobilisation des « Gilets jaunes » en France. Elle a partiellement été déclenchée par une colère populaire, face à la hausse de la taxe sur le carburant.

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Somme toute, même si la transition vers une économie verte est indispensable pour pallier les problèmes climatiques, il faut étudier la situation sous tous les angles, pour que ni l’inflation ni la croissance n’en soient bouleversées.