20 ans après les tempêtes meurtrières, Méteo France adopte de nouvelles mesures

Les 25, 26, 27 et 28 décembre 1999, 2 tempêtes, Lothar et Martin ont dévasté la France et quelques autres pays européens. Depuis ce désastre, Météo France a adopté de nouvelles mesures de précautions.

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Conséquences des tempêtes Lothar et Martin

La France a été secouée par le passage consécutif de 2 tempêtes meurtrières qui ont laissé des dizaines de morts et détruit 140 millions de stères de bois sur l’ensemble du territoire.

Succession de catastrophes naturelles

Dans la nuit du 25 et au matin du 26 décembre 1999, une tempête a ébranlé le nord de la France. Le phénomène baptisé Lothar a été la conséquence de l’interaction d’un courant d’air rapide et confiné en altitude et d’une dépression en surface. Cette tempête s’est d’abord formée au large de Terre-Neuve et a ensuite parcouru l’Atlantique en seulement 24 heures. Durant le 26 décembre 1999, elle a balayé tout le nord de la France, l’Allemagne, la Suisse et le Danemark.

Le 27 décembre 1999, une autre tempête baptisée Martin, a secoué le sud de la Loire et a occasionné des dégâts considérables en Vendée, dans les Charentes, en Aquitaine, en Auvergne et dans le Limousin. Ce météore a généré des rafales de 130 à 180 km/h.

Plus de 140 morts

En l’espace de 3 jours, Lothar et Martin ont fait 140 victimes. Le passage de ces 2 catastrophes naturelles a transformé les territoires touchés en champs de ruines parsemés d’arbres. Les pertes humaines ont été conséquentes, en l’occurrence : 17 morts en Allemagne, 7 en Espagne, 8 en Royaume-Uni, 15 en Suisse et 98 en France, soit 140 morts au total. À ces victimes s’ajoutent les dommages matériels et les nombreux blessés. D’ailleurs, les conséquences pécuniaires ont été évaluées à 19,2 milliards de dollars, soit environ 17 milliards d’euros dont 14,2 milliards ont été compensés par les assureurs.

En ce qui concerne la France, 3,45 millions de foyers ont souffert d’une coupure d’électricité prolongée. Des milliers d’hectares de forêts ont été rendus à l’état de chablis. Le pays a enregistré des records de vitesse, car les vents ont atteint 216 km/h au sommet de la Tour Eiffel, 180 km/h à Pontarlier, 194 km/h à Royan, 144 km/h à Nancy et 160 km/h à Colmar. Bon nombre de vols d’Air France ont été annulés. De même, les trains à destination du nord de la Loire ont été reportés.

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Lothar détruit tout sur son passage

La tempête s’est déplacée en direction de l’Est de la France. Elle a soufflé sur la Marne, la Meuse, la Haute-Marne, la Moselle et les Vosges. Ces 5 départements ont été contraints de lancer le plan ORSEC. Le département des Vosges a vu toutes ses forêts détruites, tandis que 90 % des habitants ont subi une coupure de courant. En outre, cette tempête figure parmi les plus grands « tueurs météorologiques » du XXe siècle.

Les mesures de Météo France

Avant l’arrivée des 2 tempêtes, Météo France avait déjà constaté la formation de Lothar sur l’océan Atlantique. C’est ainsi qu’elle a été en mesure de lancer un bulletin d’alerte à l’attention des autorités.

Création de cartes de vigilance

Le passage de ces 2 phénomènes météorologiques a entraîné l’adoption de nouvelles mesures de sécurité. Les précautions de Météo France se sont notamment concentrées au niveau de la diffusion d’informations en temps réel pour les populations. Dès le début des années 2000, l’équipe s’est focalisée sur les méthodes de prévision et d’information et les précautions à prendre.

Puis, en octobre 2001, Météo France s’est lancée dans la création de cartes de vigilance par département. Elle contient 4 différentes couleurs (vert, jaune, orange et rouge) pour indiquer le niveau de risque. Désormais, l’apparition des catastrophes naturelles est prévue un jour et demi à l’avance.

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Amélioration des puissances de calcul des simulateurs

L’équipe a renforcé la puissance de calcul de ses simulateurs, permettant d’intégrer plus efficacement les observations des satellites et des radars. Les prévisionnistes sont en mesure d’observer la surface des océans et de déterminer la vitesse du vent à quelques km/h près. Malgré ces avancées techniques, la vigilance est toujours de mise, car les conditions de formation des tempêtes comportent encore des zones d’ombres. En effet, si la prévision est possible, la détermination de leur intensité et de leur force reste complexe et aléatoire.