300 signataires appellent à une transition énergétique dans le secteur du BTP

Mélenchon, Autain et Benbassa ont rejoint les rangs d’un mouvement de lutte contre la pollution dans la filière du BTP. Le collectif alerte l’exécutif sur l’urgence d’une transition énergétique dans ce secteur. Il s’est donné pour mission de rendre les bâtiments plus écologiques.

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Notre maison brûle

Un collectif composé de plusieurs élus membres de la France insoumise et bien d’autres professionnels a vu le jour. Ils sont au total 300 signataires. Leur objectif : souligner la nécessité d’une urgence de la transition énergétique dans le secteur de la construction. Les épisodes de feux en Australie, en Amazonie, en Sibérie et en Californie ont encouragé l’apparition de ce mouvement. « Notre maison brûle », selon leur dire. Le temps est venu d’imposer des mesures radicales au gouvernement qui semble faire la sourde oreille.

Les membres observent une inaction étatique face au défi climatique. Pourtant, les secteurs du transport, du BTP et de l’agriculture nécessitent une réelle dépollution. D’après le collectif, « aucun débat sérieux n’a eu lieu, ne fût-ce que pour informer les citoyens des choix de société ».

Réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre

Les lanceurs d’alerte sur le climat se composent de plusieurs professions, en l’occurrence :

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  • Des experts scientifiques
  • Des architectes
  • Des travailleurs du secteur du BTP
  • Des artisans
  • Des entrepreneurs
  • Des citoyens…

En outre, les membres ont effectué une étude qui explicite les avantages de changer les matériaux et les systèmes constructifs. Ces simples mesures peuvent économiser jusqu’à 90 millions de tonnes équivalent carbone en 10 ans et ainsi réduire de 20 % le taux d’émission de gaz à effet de serre dans le secteur. Ils rappellent que la filière est source de 33 % du GES en circulation, à cause de l’impact carbone des matériaux de construction et de la vie des bâtiments en exploitation. En effet, le ciment, la brique, les polystyrènes et l’acier doivent passer par une transformation à haute température. Cependant, le taux d’émissions pourrait chuter en cas de remplacement par des matériaux crus, en l’occurrence : du bois, de la terre crue et de la fibre.

La climatisation et la ventilation sont fortement polluantes

Outre la construction, la phase d’exploitation est émettrice de CO2, car elle représente deux tiers des émissions. Utilisés dans des logements sociaux, des bâtiments neufs et des rénovations de logements, les matériaux biosourcés ne provoqueraient que 6 % des émissions de GES en France. Sur 10 ans, les experts ont conclu à des capacités de stockage de 22 à 23 millions de tonnes de CO2 par an. En d’autres termes, l’empreinte carbone repose sur les matériaux de construction utilisés.

Le chauffage, la climatisation et la ventilation quant à eux, engendrent deux tiers des émissions d’un bâtiment, soit 26 % de GES. Toutefois, profiter d’une bonne isolation en été et en hiver ne passe pas forcément par l’usage d’un système à haute performance. Dans les Vosges, les bâtiments isolés en bottes de paille offrent une grande fraîcheur en été et un bon confort thermique en hiver. À Lyon, les immeubles en terre crue conservent leur fraîcheur durant la période caniculaire.

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Décarboner le secteur du BTP

Le collectif demande de décarboner le secteur du BTP afin de réduire, voire supprimer les 228 millions de tonnes de déchets qui en résultent. Soulignons que ce volume correspond à 70 % de l’ensemble des déchets en France. En guise de solution, il propose une formation citoyenne sur les enjeux climatiques. Outre la nécessité d’un débat publique autour de l’écologie, les 300 signataires exigent :

  • L’ouverture de lycées professionnels spécialisés en écoconstruction
  • L’organisation d’un indicateur de la quantité de carbone stockée dans chaque bâtiment
  • L’usage de fibres végétales dans les habitations affligées d’une mauvaise isolation
  • L’envoi au parlement d’un rapport sur le développement des alternatives aux matériaux cuits.