6e enquête de l’Ademe sur les énergies renouvelables : les panneaux solaires en tête

L’Ademe a réalisé une 6e enquête sur la place des énergies renouvelables dans le cœur de la population française. Les résultats divulgués le 11 février 2020 font état d’un climat de méfiance sur la propreté des ressources durables. Néanmoins, le solaire a toujours la cote.

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Les énergies éolienne et solaire jouissent d’une grande notoriété

Selon l’Ademe, la population française démontre un réel soutien envers les énergies renouvelables. Ce sont près de 94 % de Français qui se disent prêts et favorables à leur déploiement, selon le sondage OpinionWay pour l’Ademe. Au cours de l’enquête, les citoyens ont été invités à classer par ordre de connaissance les principales ressources. La réponse a été :

  • à 55 % des cas l’énergie éolienne
  • à 51 % des cas l’énergie solaire
  • à 24 % des cas l’hydroélectricité.

Parmi les ressources, l’énergie solaire (thermique et photovoltaïque) reçoit le plus d’arguments favorables. Selon les Français, elle reste l’énergie « qui assure le plus d’indépendance énergétique ». 33 % de la population active déclare être en faveur de son développement. 32 % pensent qu’elle est l’énergie la moins dangereuse. 32 % estiment qu’elle est la plus propre. Selon l’enquête, l’énergie nucléaire emporte la première place en matière de performance. Malgré tout, les Français votent pour un développement prioritaire de l’énergie solaire.

Des ressources volatiles, mais propres

La population française partage les mêmes avis quant aux atouts des énergies renouvelables. À 64 % des cas, les citoyens pensent que ces ressources sont à même de combattre le dérèglement climatique. 59 % estiment qu’elles amenuisent la pollution de l’air, de l’eau et des sols. 56 % manifestent un soulagement sur leur caractère durable, à la différence des énergies fossiles.

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Pourtant, ils constatent plusieurs points négatifs, en l’occurrence : un investissement trop élevé et un rendement trop dépendant des conditions météorologiques. Un tiers des Français restent sceptiques quant à leur caractère « propre » et soulignent l’usage de matériaux polluants utilisés dans leur fabrication. Ce regard témoigne de la méfiance française à l’égard de la « propreté » des installations de production et des énergies grises (ou l’énergie utilisée au cours du cycle de vie d’un produit).

Une remise en question des éoliens

Durant l’enquête, l’agence a remarqué une méfiance de plus en plus grandissante à l’égard des énergies éoliennes. En effet, la population condamne la raréfaction des terres à cause d’implantation de nouvelles éoliennes. 45 % des personnes interrogées se disent en faveur de l’aménagement d’un parc de 5 à 10 éoliennes à moins d’un kilomètre des habitations (en sachant que la réglementation en vigueur condamne la présence d’une éolienne à moins de 500 m des constructions). Les perturbations sonores et olfactives (dans le cas d’une installation de méthanisation) concentrent les principaux arguments contre le projet.

Payer plus cher pour profiter des énergies renouvelables

L’enquête s’achève par une note plus négative. Les Français montrent des signes de refus de l’investissement dans les énergies propres. En effet, 32 % des personnes interrogées déclinent la transition « d’une énergie classique vers une énergie renouvelable ». 22 % seulement (les jeunes et les catégories socioprofessionnelles élevées) acceptent l’augmentation de leur facture de 10 % afin de profiter de ressources vertes.

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Le rapport a révélé un engagement progressif de la population traduit par des financements personnels dans l’installation d’équipements à l’échelle locale. Par ailleurs, les campagnes de financement participatif restent méconnues du grand public. Sur les personnes questionnées, seules, 8 % ont déclaré connaître l’existence de tels projets. Dans cette optique, la majorité vote en faveur de l’énergie solaire. 68 % veulent bien souscrire au régime d’autoproduction et d’autoconsommation au moyen de panneaux solaires photovoltaïques.