Amélioration constatée de l’état écologique de la pêche en France

Il y a 20 ans, seuls 15 % des poissons étaient issus d’une pêche durable en France métropolitaine. La statistique est heureusement montée à 49 % en 2019. Ce chiffre prouve une nette avancée dans la lutte contre la surpêche et l’optimisation des conditions d’élevage. Ce résultat est le fruit d’une multitude de mesures prises en faveur de l’activité après l’effondrement du merlu en 1990.

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Réduction de la surpêche

D’après un rapport de l’Ifremer publié le vendredi 31 janvier 2020, l’effectif des populations dans les débarquements est passé de 9 % à 43 % en moins de 20 ans. Le nombre d’anchois, de merlus, de coquilles Saint-Jacques et de baudroies est en hausse appréciable. 6 % de bars et de thons rouges supplémentaires sont en cours de reconstitution.

Cependant, Alain Biseau remarque encore quelques lacunes. Le biologiste marin à l’Ifremer et membre du comité d’avis du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) pense que 26 % des stocks de sardines, de maquereaux, de merlans, d’églefins et de chinchards souffrent d’une surpêche. Au niveau européen, les efforts de lutte contre le phénomène se sont fait ressentir entre 2000 et 2010. Grâce à la mobilisation des gestionnaires, le nombre d’adultes en mesure de se reproduire a crû de 40 %.

Le résultat de mesures strictes

L’évolution de la population marine résulte d’un contrôle scientifique poussé de l’Ifremer. L’amélioration des conditions concerne aujourd’hui 160 populations d’une même espèce de poisson (contre 80 en 2000). L’effondrement des captures de merlu durant les années 90 dans le golfe de Gascogne et en mer Celtique avait été le déclic. La catastrophe a encouragé la hausse de maillages des engins de pêche afin de préserver les populations jeunes et la fermeture de zones. Ces mesures ont favorisé l’augmentation du niveau de la biomasse, selon l’Ifremer.

Au cours des années 90 à 2000, les thons rouges ont également été la cible d’une surexploitation en Méditerranée. Un plan de gestion urgent a permis en 2009 d’atténuer la mortalité par pêche tout en respectant la limite autorisée par les scientifiques. À ce jour, la reconstitution est en cours. Cependant, François Houiller, président-directeur général de l’Ifremer s’inquiète toujours des autres espèces marines en Méditerranée.

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Utilisation d’outils de pêche plus sélectifs

L’amélioration des conditions d’élevage marin a également été le fruit d’une meilleure connaissance sur la biologie et le dynamisme des populations. L’usage d’outils de pêches plus sélectifs, en l’occurrence de filets au plus large maillage a contribué à l’état écologique de l’activité. L’adoption de quotas pour permettre le renouvellement des populations a eu un impact positif. De plus, les capacités de pêches ont été adaptées en fonction des ressources disponibles.

Les mesures entreprises ont favorisé une exploitation durable. Selon le biologiste Alain Biseau, la profitabilité de la pêche a augmenté de 80 % depuis 2008 à l’échelle européenne. Toutefois, il estime que la situation est contrastée suivant les réalités locales.

Le réchauffement climatique a une incidence sur la croissance des poissons

Le dernier rapport de l’Ifremer fait état d’une corrélation entre la taille des sardines et des anchois et le réchauffement climatique. Dans le golfe de Gascogne, la taille moyenne des espèces s’est réduite de 18 à 14 cm. Le poids a été divisé en 2. En Méditerranée, les poissons ont rétréci de 13 à 10 cm avec un poids scindé en 3.

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Les poissons pêchés sont devenus trop petits pour répondre aux exigences commerciales des conserveries, selon le biologiste marin Martin Huret. Le dérèglement climatique a réduit le rendement de la pêche de sardines méditerranéenne de 20 000 tonnes en 2008 à 2 000 tonnes en 2019. Les planctons, principaux mets des poissons, ont également perdu en taille.