Apparition d’une station d’épuration futuriste unique en France

Le recyclage des eaux usées est une pratique courante depuis de nombreuses années. Si auparavant la méthode était utilisée pour des raisons économiques, aujourd’hui, elle est devenue une solution écologique. Une nouvelle station d’épuration est sur le point d’être achevée à Fleury. Elle alimentera en eau pure 12 700 habitants de 14 communes des Sablons et du Vexin-Thelle.

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Le chantier toujours en cours

De loin, la nouvelle station d’épuration en cours de construction ressemble à un musée avant-gardiste. Le bâtiment, alliant le bois et le béton, se trouve dans la zone industrielle de Fleury, en plein milieu des champs. L’Agence de l’Eau loue son caractère novateur. Le projet a été porté par le Syndicat mixte d’assainissement des Sablons ou SMAS. La construction suit un procédé appelé Nereda. Beaucoup de stations d’épurations étrangères ont déjà adopté ce genre d’approche, mais c’est une première pour la France.

Au cours de son cycle de vie, la station d’épuration profitera à 14 communes, à savoir :

  • Fleury
  • Fresnes Leguillon
  • Hénonville
  • Ivry-le-Temple
  • Montherlant
  • Monts
  • Neuville-Bosc
  • Pouilly
  • Senots
  • Valdampierre
  • Fresneaux-Montchevreuil
  • Jouy-sous-Thelle
  • Le Mesnil-Théribus
  • Monnerville

En outre, les zones concernées pourront bénéficier de la pureté de l’eau et de la conservation de la qualité environnementale. La future station moderne sera baptisée « Villa Calypseau » et traitera les sources de la Troësne. Les premières eaux usées seront traitées au printemps. Elle est 50 % plus compacte par rapport aux stations d’épuration habituelles. Ainsi, elle remplacera les stations d’Hénonville, de Monnerville et d’Ivry-le-Temple.

Le mode de fonctionnement

La station suit les mêmes procédures d’épuration que les autres sites : les bactéries se nourrissent de la pollution pour produire des boues. Ces dernières s’accumulent et forment des granules qui effectuent le traitement proprement dit, précise Antoine Legrand, responsable du projet chez Sources (l’entité responsable du chantier sur le plan technique). Les boues spécifiques se décantent vite et ne demandent aucun chlorure ferrique (un réactif chimique de la boue qui accélère le phosphore).

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Les boues sont nettement plus pures et moins volumineuses, comparées aux autres volumes des autres stations d’épurations. Toujours selon Antoine Legrand, la totalité du volume est entre 10 et 15 % moins importante, ce qui contribue au développement durable de la région. Elles sont ensuite épandues dans les champs des communes voisines.

Un assainissement collectif prévu depuis longtemps

Le maire de Fleury, Sébastien Marie, salue l’initiative. D’après lui, la future station d’épuration « va tout changer ». Sa commune sera en effet la première à se relier au nouveau site. Les petits villages pratiquent encore l’assainissement individuel. Le projet pourra accélérer la salubrité publique. La station est un programme très attendu, car son évocation remonte aux années 70. L’élu se réjouit de la finalisation du projet.

Une architecture hors-norme

Outre sa performance, la station se distingue également par son architecture originale. À la demande du SMAS, la structure très soignée est surmontée d’un toit végétalisé. Antoine Legrand souligne que « l’idée est que le toit végétalisé se voit depuis la route ». Cette initiative vise à améliorer l’image des stations d’épurations qui souffrent d’une mauvaise presse. Des espaces de verdures y seront également aménagés, en plus de 3 rangées de traitement biologiques.

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La construction de la station s’accompagne d’une promotion de son importance. Le projet inspire à la sensibilisation des habitants sur les avantages du site. Aussi, la campagne commencera avec les enfants. Martine Legrand, directrice technique de la Communauté de communes des Sablons explique la démarche. Des élèves des écoles voisines seront invités à découvrir le mode de fonctionnement, dans le cadre d’une pédagogie sur le cycle de l’eau.