Bâtiments tertiaires : les réponses aux nouvelles obligations de rénovation

Les bâtiments publics du secteur tertiaire occupent près de 940 millions de m2 de la France. Ce qui n’est que le quart du parc des bâtiments recensés en Hexagone, mais le tiers des consommations énergétiques finales leur est imputé.

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Pour ralentir cette tendance et garantir la neutralité carbone, la France a décidé de mettre en place le décret tertiaire. Ce dernier est conçu pour réduire la consommation énergétique finale de 40 %, 50 % et 60 % pour respectivement l’année 2030, 2040 et 2050. Il s’adresse aux gestionnaires de bâtiments tertiaires d’au moins 1 000 m2.

Un rythme de réhabilitation à augmenter

Ces dernières années, les promoteurs immobiliers ont déjà, de leur propre chef, pris des initiatives en vue d’anticiper l’obligation de réhabilitation du parc tertiaire. La vitesse de rénovation reste cependant, encore assez lente. L’Observatoire de l’Immobilier durable ou OID a notamment établi que pour l’année 2019, les progrès affichés ne sont pas encore en phase avec l’obligation de diminution des consommations énergétiques fixées par le décret tertiaire.

Les bureaux, dont les consommations énergétiques sont suivies depuis 2010, observent une réduction annuelle de 1,6 %. Pour 2019, la consommation d’énergie finale annuelle est en moyenne de 179 kilowattheures par m2, ce qui revient à une diminution de l’ordre de 2 % en comparaison avec l’année 2018.

En somme, la baisse enregistrée est encourageante, mais encore insuffisante pour concrétiser l’objectif de – 40 % de dépenses énergétiques pour 2030. Une baisse annuelle de – 3 % est obligatoire pour cette concrétisation.

Opter pour les actions à TRI rapide

L’OID cependant, a confiance en la capacité des acteurs à atteindre le premier objectif de réduction de – 40 % de la consommation énergétique des bâtiments tertiaires. Il leur demande ainsi de s’y atteler dès à présent, d’autant plus que le décret permet la mutualisation des efforts pour tout un parc immobilier. Selon Hélène Bru, responsable du Pôle bâtiment et énergies renouvelables chez GreenFlex, une diminution de 20 % pourrait être rapidement atteinte en agissant sur les systèmes d’exploitation des bâtiments et sur l’état de leurs systèmes techniques.

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Ainsi, privilégier les plans d’action simples avec un temps de retour sur investissement rapide ou TRI de moins de trois ans serait judicieux. La régulation et la maintenance des systèmes (pilotage des appareils électromécaniques, ajustement de la température, etc.) et l’adoption d’écogestes par leurs occupants permettraient dès les premières années d’obtenir des résultats notables. La mise en place d’une bonne gouvernance managériale et énergétique partagée entre preneurs, bailleur et exploitant, permettrait selon Oriane Cébile de l’OID d’optimiser par la suite les résultats obtenus.

En moyenne, un bâtiment récemment rénové affiche une réduction de 13 % de ses consommations énergétiques.

L’objectif de réduire de – 60 % les consommations énergétiques de ce secteur pour 2050, nécessiterait quant à lui, une rénovation approfondie du bâtiment. Le recours aux énergies vertes devrait aussi être pensé en tenant compte du confort adaptatif et du changement climatique.

Les autres réponses plausibles au décret tertiaire

Cédric Borel a souligné le fait que les immeubles existants n’ayant pas été réhabilités en profondeur, mais ayant seulement fait l’objet de travaux légers de rénovation, pourront bénéficier d’un « rétro-commissionnement ». Les pages de fonctionnement des équipements pourront se voir optimisées pour se rapprocher au plus près des conditions d’occupation desdits bâtiments.

Selon Vianney Raskin, un système de management de l’énergie ou SME devra aussi être mis en place en suivant les exigences de la norme ISO 50001. Ce système complète l’audit énergétique pour la concrétisation des objectifs fixés par le décret tertiaire.

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La mise en place d’un energy manager permet de suivre les consommations énergétiques de tout un parc de bâtiments tertiaires. La détermination des actions d’économies d’énergie les plus performantes sera ainsi plus aisée et leur déploiement mieux géré.