Biodiversité : vers une extension des aires protégées

La ministre de la Transition écologique, Elizabeth Borne, a annoncé, le 12 février dernier, son intention d’augmenter les aires protégées de 30 % en France. Une promesse déjà lancée par le Président de la République Emmanuel Macron en mai dernier, après le rapport du groupe d’experts international sur la biodiversité. Tout cela dans le but de préserver la biodiversité et l’écologie.

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Un projet de longue date

Les aires protégées représentent aujourd’hui 29,5 % des terres et 23,5 % des mers françaises. La Secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon avait déjà dévoilé un nouveau plan d’action gouvernemental qui vise à augmenter ce chiffre de 30 % avant 2022. Les déclarations d’Elizabeth Borne ne viennent donc que renforcer cette annonce. La ministre a également ajouté que « Ce sont des jalons nécessaires pour accélérer la protection de la biodiversité. ».

Une solution théoriquement efficace et approuvée

Étendre les zones protégées est un moyen efficace d’imprimer un nouvel élan à la biodiversité. Cette solution reçoit l’appui des scientifiques, à condition bien sûr de la prise de certaines dispositions dont notamment les moyens humains à y allouer. L’exemple des aires marines protégées, qui ne représentent que 4 % de la surface des océans dans le monde est une preuve concrète de l’efficacité de cette solution.

Selon Emeline Pettex, chercheuse en écologie marine à La Rochelle Université dont les travaux ont contribué à la création de nouvelles zones marines protégées, le niveau de protection des espèces est le paramètre le plus important dans cette démarche vers la préservation de la biodiversité. Elle en veut pour preuve le fait que c’est dans les zones les plus protégées que les résultats ont été les plus probants. On peut donc en déduire que ce sont les zones intégrales (interdites au public) qui sont les moyens les plus efficaces de faire renaître la biodiversité. Pourtant, en France, les aires les plus protégées ne représentent que 2 % des AMP, avec notamment interdiction de pêcher. Les résultats sont incontestables : le nombre d’individus a considérablement augmenté, leur taille s’est visiblement développée ainsi que leurs capacités de reproduction.

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Un projet encore plus vaste

La ministre a annoncé plusieurs mesures à mettre en place dans la réalisation de ce projet. Parmi elles, le gouvernement envisage d’augmenter des zones marines protégées dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) de 550 000 km². Neuf projets de création de réserves nationales sont déjà en gestation. 18 réserves naturelles déjà existantes feront également l’objet d’un projet d’extension. Mais on ne parle pas seulement de projets à venir, le gouvernement s’est déjà avancé dans la mise en place de son dessein. Il a en effet procédé à la certification d’un nouveau parc national des forêts situé sur les départements de la Côte-d’Or et de la Haute-Marne, en novembre dernier.

Des mesures efficaces, mais insuffisantes

Mickaël Weber, président de la Fédération des parcs naturels régionaux de la France qui constitue 17 M des zones protégées, a affirmé être content de la reconnaissance (enfin) des parcs naturels. D’après lui, ces PNR jouent un rôle crucial dans la création de nouveaux îlots de biodiversité. Cela passe, par exemple, par l’implantation des arbres fruitiers ainsi que des haies, en incluant la réimplantation de certaines espèces animales telles que les vautours ou les bouquetins alpins.

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De son côté, si Arnaud Schwartz reconnaît la nécessité de ces mesures, il appelle à une politique écologique à 360°. En effet, il a rappelé l’importance de relier les aires naturelles entre elles pour que les espèces puissent facilement aller d’une zone protégée à une autre. Il a également soulevé d’autres points pertinents tels que les pesticides qui participent grandement à la dégradation de la biodiversité.