Changement climatique : Diversifier les cépages permettra-t-il de sauver le vin français ?

La diversification des cépages cultivés en France s’annonce comme une nécessité pour la sauvegarde de ses régions viticoles. Cette opération permettra de déterminer lequel des cépages est le plus adapté au climat à venir.

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Des terres pourraient ne plus être propices à la culture de la vigne…

Le changement climatique menace l’existence même des zones viticoles du monde entier. Une augmentation de 2 °C suffit en effet pour supprimer au moins 56 % de ces régions. Si cette hausse atteint les 4 %, ce sont les 85 % de ces zones viticoles qui vont disparaître. Ces chiffres sont tirés d’une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America ou PNAS.

Si certaines terres sont bientôt impropres à la culture de vigne, d’autres par contre s’y prêteront. L’étude précédemment citée a concerné onze différents cépages. Les chercheurs ont essayé de déterminer quelles régions sont appropriées à la culture de ces cépages en fonction d’une hausse de température de l’ordre de 2 °C et de 4 °C.

Les résultats ont établi que la Californie, l’Espagne, les États-Unis, l’Italie perdront une surface énorme en terres propices à la culture de pinot noir et de grenache. L’Allemagne quant à elle, va en gagner. La France néanmoins pourra n’encaisser aucune perte majeure si des plants actuellement de Bourgogne sont introduits en Normandie.

Les climats adaptés à la culture de vignes se déplacent en effet, vers le nord de la France et de l’Europe. Ces nouvelles zones identifiées propices à la culture de vigne pourraient cependant ne pas en cultiver. La fabrication du vin, ainsi que la culture elle-même relèvent d’un savoir-faire local que la population de ces nouveaux terroirs potentiels pourrait en pas avoir.

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Exploiter les particularités de chaque cépage pour s’adapter au changement climatique

L’étude en question voulait démontrer à quel point la biodiversité peut aider le monde à s’adapter au changement climatique. C’est en étudiant les conditions climatiques propices à la culture de chacun des onze cépages sélectionnés que les chercheurs sont arrivés à la conclusion que les besoins et les effets du réchauffement climatique changent d’un cépage à un autre.

Une hausse de température de 4 °C induirait un retard de dix jours de la véraison pour le grenache, mais accélérerait de vingt jours celle du chasselas.

La survie des zones viticoles menacées par le changement climatique passe donc par l’exploitation des caractéristiques de chaque cépage. Les variétés à développement tardif telles que la syrah, le grenache, le mourvèdre pourraient donc mieux s’adapter aux régions viticoles actuelles. Celles à développement plus précoce comme le pinot noir, le chasselas, le chardonnay s’adapteront plus facilement sur les nouvelles terres viticoles.

Iñaki Garcia de Cortazar Atauri pense toutefois que ce changement de cépage cultivé ne sera pas aussi facile qu’il puisse le paraître. La Nouvelle-Zélande par exemple cultive du sauvignon blanc d’où une limitation de leurs capacités d’adaptation. Les auteurs de l’étude ont d’ailleurs noté que « Ces informations sont pertinentes pour les vignerons des régions à forte possibilité d’adaptation, en les informant des variétés les mieux adaptées pour y pousser dans les années à venir ». Il faut toutefois, tenir compte de l’évolution des mentalités comme à l’instar de cette parcelle du Bordelais qui est en train de tester 52 cépages pour voir lequel est le mieux adapté à leur climat actuel.

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Les régions viticoles françaises pourraient très bien résister aux effets du changement climatique grâce à la diversification de ses cépages. Toutefois, trouver la parade idéale contre le réchauffement climatique devient urgent, car même les cépages aujourd’hui adaptés à ces terres, pourraient ne plus l’être dans un avenir proche si la température continue à monter ainsi.