Changement climatique : l’AIE réclame plus d’efforts

Comme chaque année, l’AIE, ou l’Agence Internationale de l’Énergie dresse un bilan par le biais d’une présentation annuelle. Lors de la dernière séance, elle a insisté sur le rôle décisif des gouvernements, sinon pour lutter contre le réchauffement climatique, du moins le retarder. Elle souligne également l’importance de la réduction des émissions liées aux centrales à charbon et du renforcement des nouvelles capacités électriques issues de l’éolien et du solaire.

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Améliorer les efforts d’efficacité énergétique

Alors qu’on est au cœur d’une guerre écologique qui menace la survie de la planète elle-même, l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) attire l’attention de chaque autorité sur la nécessité de doubler, voire tripler les efforts. Lors des conclusions du dernier rapport mondial annuel, l’Agence s’est focalisée sur les solutions durables ou non provisoires pour limiter le changement climatique : développement de l’électricité d’origine renouvelable, déclin du pétrole, des transformations rapides et massives pour le système énergétique mondial ou encore économies d’énergie.

Elle souligne notamment l’importance des décisions à faire prendre par les gouvernements dans la lutte contre la dégradation de l’écosystème et pour l’amélioration des systèmes énergétiques. Fatih Biro, directeur exécutif de l’Agence basée à Paris, a déclaré que le monde a un besoin urgent de concentrer son attention, avec la précision d’un laser, sur la baisse des émissions planétaires. À noter que la demande énergétique a considérablement augmenté l’année précédente, tout comme les émissions de CO2, et cette tendance risque de ne pas s’améliorer.

Trois scénarios possibles

Comme chaque année, l’AIE a prévu des scénarios, toujours dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. L’un évoque des tensions possibles de tous types sur les marchés et la poursuite de la forte hausse des émissions de CO2 (une augmentation de 1,3 % par an d’ici 2040). Le deuxième se penche sur les objectifs politiques actuels qui ne sont malheureusement pas suffisants. Le troisième scénario serait ainsi la meilleure solution afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Le but reste ainsi de veiller à ce que le réchauffement ne dépasse les 2 degrés et plutôt à 1,5°, par rapport aux niveaux préindustriels.

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Ce dernier scénario, appelé scénario de développement durable, ne sera efficace que si les responsables interviennent rapidement, en opérant sur l’ensemble du système énergétique. Comme la solution simple ou unique n’existe pas pour transformer les systèmes énergétiques, l’AIE préconise de diminuer de façon considérable la demande en énergie d’ici 2040. Cela ne sera cependant pas facile, car en plus de l’essor des énergies « vertes », l’augmentation de la population et la croissance économique mondiales entrent impérativement en ligne de compte.

L’électricité doit être primordiale

Toujours dans le contexte du troisième scénario, l’électricité doit être privilégiée au détriment du pétrole, concomitamment à l’amélioration de l’efficacité énergétique (chauffage, éclairage, mobilité…) d’ici 2040, notamment les énergies renouvelables (éolien et solaire). À ce propos, l’AIE stipule que placer les systèmes électriques sur un chemin soutenable nécessitera plus que la simple addition de renouvelables. L’agence a aussi évoqué les problèmes liés au système existant, notamment le charbon qui compte parmi les plus polluants.

En effet, la production de charbon ne montre aucun signe de fléchissement alors que les centrales à charbon d’Asie, déjà nombreuses, voient leurs effectifs augmenter. Ce mercredi, l’AIE a identifié plusieurs solutions, comme cantonner les centrales à charbon dans un rôle d’appoint pour assurer la flexibilité du système électrique, tout en réduisant leur fonctionnement. Les fermer le plus tôt possible est évidemment une démarche souhaitable.

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Dans tous les cas, l’ensemble des gouvernements doit s’ingénier à réduire les émissions de gaz à effet de serre, quitte à solliciter l’aide des investisseurs, des entrepreneurs et de tous ceux qui souhaitent lutter contre le changement climatique.