Comment le sport tue-t-il la planète ?

Nous sommes tous conscients que les voitures contribuent à la dégradation de notre planète, mais elle est si importante qu’on ne peut pas la laisser dans notre garage. Le même problème s’applique aux entreprises : les personnes qui les dirigent pourraient convenir qu’une action collective doit être entreprise d’urgence, mais malheureusement leur secteur est trop important et ses exigences sont trop sévères. Cela semble être l’éthos qui prévaut actuellement dans le sport.

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Réchauffement climatique : le sport y joue un rôle majeur

Il est vrai que de nombreux sports sont considérés comme une question de vie ou de mort par leurs fans, mais le changement climatique l’est encore plus.

Presque tous les climatologues conviennent désormais que deux degrés de réchauffement climatique déclencheraient des changements climatiques catastrophiques, susceptibles de déplacer des centaines de millions de personnes. Pour l’éviter, les derniers chiffres suggèrent que nous avons besoin d’une réduction de 90 % des émissions de carbone de tous les secteurs économiques du monde riche d’ici 2030, y compris le sport. Certains sports sont tout simplement incompatibles avec toute solution probable au problème. L’exemple le plus évident est la course automobile. Il existe une relation directe entre les performances d’un moteur et la quantité de gaz à effet de serre qu’il produit : plus la voiture est rapide, plus vite elle tue la planète.

À l’heure actuelle, il n’existe aucun moyen prévisible de réduire les émissions d’une voiture de course de 90 % dans le délai nécessaire. Le biodiesel cause actuellement plus de dommages aux personnes et à l’environnement que de bien, car il fait monter les prix des denrées alimentaires et encourage l’abattage des forêts tropicales. Un jour, peut-être dans 20 ou 30 ans, les voitures de course pourraient fonctionner à l’hydrogène ou à l’électricité.

Le sport et le transport : un poison pour notre planète

Même des sports comme le football et l’athlétisme qui sont intrinsèquement inoffensifs provoquent des effets environnementaux majeurs, à cause du transport de spectateurs.

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Les organisateurs des Jeux olympiques de Sydney ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour rendre les Jeux aussi verts que possible : ils ont géré les bâtiments du village olympique à l’énergie solaire, utilisé des matériaux recyclés et nettoyé des sites contaminés. Même Greenpeace leur a donné une note de 6/10. Mais, voilà : un seul voyage en avion du Royaume-Uni vers l’Australie utilise deux fois les émissions durables de dioxyde de carbone d’une personne pendant une année entière !

1,5 millions de visiteurs lors des Jeux de 2008, dont un tiers en provenance de l’étranger : comme la plupart des hôtes olympiques, la Chine espère que le nouvel aéroport et les nouvelles installations touristiques qu’elle a construites généreront un pactole pendant des années. Difficile de penser à une meilleure formule qu’un événement sportif mondial pour causer un maximum de dommages à l’environnement !

Les infrastructures sportives tuent la planète

La construction des infrastructures a également un coût environnemental énorme.

Parce qu’il doit être chauffé à 1 450 °C et parce que le processus chimique lui-même libère du dioxyde de carbone, chaque tonne de ciment produit une tonne de gaz qui change le climat. L’acier est encore plus polluant. Le récent déménagement d’Arsenal aux Emirates Stadium a produit des dizaines de milliers de tonnes de gaz à effet de serre. Les impacts sont encore plus importants lorsqu’un sport doit créer un environnement artificiel. L’exemple est Ski Dubaï, une énorme montagne artificielle, qui reste au dessous de zéro juste sous un dôme d’acier loin des températures du désert.

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En août, le Evening Standard a rapporté que la plupart des caractéristiques écologiques qui étaient censées avoir fait des Jeux olympiques de Londres les « Jeux les plus verts de tous les temps » se sont vues discrètement abandonnées. Au lieu d’utiliser 100 % d’énergie renouvelable pour alimenter le village olympique, le chiffre réel sera désormais plus proche de 10 %.