Contestation sur le développement des éoliens en France

Les habitants des zones rurales se mobilisent pour contrer le développement des éoliens en France. Leur aspect inesthétique, leurs excès sonores et les problématiques de gestions durant leur fin de vie réunissent leurs principaux arguments. Malgré ce vent de contestation, la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie poursuit son ambition de doubler les capacités de production électrique de la filière.

Pub

Les opposants contre les excès

Le débat sur le développement des éoliens en France a commencé depuis le déplacement à Pau du Président de la République. À cette époque, Emmanuel Macron a révélé son constat sur la diminution progressive de la capacité de développement de la filière.

À l’inverse, le député UDI du Nord dans les Hauts de France critique une trop forte concentration des éoliens. En effet, la région compte plus de 1 500 éoliennes. Sur ces dispositifs, 800 ont déjà obtenu une autorisation et sont en cours de construction. 733 projets attendent les instructions nécessaires.

Dominique Bussereau a également déclaré son opposition au projet d’une ferme de 40 éoliennes mesurant 150 à 200 mètres de hauteur. L’homme politique a confirmé leur localisation dans l’estuaire de la Gironde. Le président du département de Charente-Maritime explique son mécontentement : « Nous ne sommes pas contre les éoliennes, mais contre les excès ».

Malgré ces oppositions, la loi de Programmation Pluriannuelle de l’Énergie maintient son cap. Elle ambitionne une multiplication par 2 des capacités de production éolienne. À l’horizon 2028, elle projette une production à hauteur de 35 GW (alors qu’elle se situe aujourd’hui à 15 GW). L’atteinte de cet objectif sous-entend un doublement du parc à 15 000 (contre 8 000 éoliennes à l’heure actuelle).

Pub

Les éoliens peu esthétiques

L’esthétique compte parmi les inconvénients majeurs des éoliens. Nombreux sont les habitants qui reprochent l’aspect des champs d’éoliennes. Ces dispositifs sont en effet incapables de s’inscrire dans le paysage. Pourtant, l’impact visuel joue un rôle considérable dans le secteur du tourisme. Faut-il rappeler que la France est une destination phare des voyageurs du monde. D’ailleurs, c’est un point souligné dans le livre de Fabien Bouglé intitulé : « Éoliennes, la face noire de la transition écologique », aux éditions du Rocher. L’auteur y condamne l’impact de la filière sur le patrimoine et le paysage.

Outre l’aspect esthétique, d’autres problématiques renforcent le mouvement d’opposition aux éoliens. En fin de vie, les parcs requièrent une gestion minutieuse. De plus, les dispositifs doivent subir un démantèlement rigoureux. Viennent ensuite les démarches de remise en état des sols.

Un débat sur les questions budgétaires

Le député de Seine-Maritime de La République En Marche a suggéré un amendement. Celui-ci consisterait à imposer des règles de recyclage des éoliennes à l’issue de leur période d’utilisation. Une autre question interpelle également le député LR Julien Aubert : l’aspect budgétaire. Le président de la commission d’enquête sur les énergies renouvelables se préoccupe du coût de financement public sur les dispositifs. Il prédit une facturation entre 72 et 90 milliards d’euros d’ici 2028. Cette somme garantirait la part de production électrique de 15 % de la filière.

Création d’un groupe de travail

Le secrétaire d’État à la transition écologique Emmanuel Wargon a lancé une série d’objectifs en décembre 2019 dans le cadre du développement du secteur. Il a proposé entre autres une meilleure répartition des installations sur les territoires accompagnée d’un bonus-malus et un financement participatif. Il a également mis en place un groupe de travail sur le développement équilibré de l’énergie éolienne.

Pub

Dans les débats politiques sur leur usage, les questions tournent autour de l’économie. Les pro-éoliens avancent l’abaissement constant du coût des énergies renouvelables, y compris des éoliens.