Coronavirus : La France devrait-elle fermer ses frontières avec l’Italie ?

Quelques personnalités politiques de droite et d’extrême droite ont insisté sur la nécessité de la mise en place de contrôles plus pointus aux frontières entre la France et l’Italie. Cette dernière étant actuellement la plus touchée par l’épidémie à coronavirus. L’utilité d’une fermeture desdites frontières reste à démontrer.

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État des lieux des mesures contre l’épidémie en France

Officiellement, plus aucun patient infecté par le coronavirus n’est hospitalisé en France. L’Italie, pays frontalier, fait quant à elle face à une recrudescence des contaminations sur son territoire. Sept morts imputés au coronavirus ont d’ores et déjà été recensés en Lombardie et en Vénétie. Quelques villes du nord sont même sous quarantaine.

Le gouvernement français a déjà émis des recommandations concernant les personnes qui reviennent de ces zones italiennes. Les enfants ne doivent pas rejoindre leur établissement scolaire si les adultes doivent éviter toutes sorties non primordiales. Ces exhortations s’appliquent dans les quatorze jours suivant leur retour. Ces recommandations ont été copiées sur celles déjà appliquées pour les personnes revenant de Chine, épicentre du fléau.

Ces mesures sont cependant jugées insuffisantes par les responsables politiques de droite et d’extrême droite qui exigent le renforcement des contrôles aux frontières de la France avec l’Italie, zones de circulation intense de marchandises et de personnes.

Quelques avis de personnalités politiques concernant les mesures appliquées

Éric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes a adressé une lettre au Premier ministre. Il y écrit notamment qu’il voudrait que l’État procède à « la mise en place d’un plan d’urgence pour le département des Alpes-Maritimes », et « des mesures renforcées et évolutives de contrôle à la frontière italienne ».

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Son idée est également appuyée par Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Ce dernier a aussi demandé le renforcement des contrôles aux frontières en remettant un document de traçabilité à tous les voyageurs dans les aéroports et dans les trains. Les voyageurs devraient y détailler tous leurs déplacements des quatorze jours précédents.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national s’est également prononcée en faveur de ces mesures. Elle a même déclaré que l’Afghanistan, l’Arménie, la Jordanie, le Pakistan et la Turquie ont tous fermé leurs frontières et ont réduit au minimum leurs échanges avec l’Iran qui a enregistré déjà douze décès. Son tweet « Les dirigeants de ces pays doivent être probablement moins intelligents que notre nouveau ministre de la Santé ? Ou pas… » a un arrière-goût de sarcasme lié à son obsession pour fermer les frontières françaises avec l’Italie. D’ailleurs, elle l’a clairement énoncé hier, lors de sa visite au Salon de l’Agriculture : « Bien sûr, il faut des contrôles [aux frontières] ».

La fermeture des frontières jugée inutile selon l’État

Le gouvernement a cependant balayé sans ménagement la proposition de fermeture des frontières avec l’Italie. Laurent Nunez, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur a déclaré dans la soirée du lundi sur LCI que cette mesure qu’il juge inefficace n’est pas au programme dans l’état actuel des choses.

Olivier Véran, le ministre de la Santé s’est également prononcé contre cette idée. Dimanche dernier, il a déclaré sur France 2 que la mesure n’a aucun sens « Ça n’aurait pas de sens parce qu’un virus ne s’arrête pas aux frontières ». D’autant plus que la faisabilité technique de tels contrôles systématiques aux frontières pose problème. D’ailleurs, les personnes infectées pourraient ne pas présenter des symptômes lors des contrôles avec une période d’incubation assez longue de deux semaines en moyenne. L’arrivée du virus dans un tel cas ne pourrait pas être stoppée.

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C’est au niveau de la rapidité de la détection qu’il faut agir pour optimiser l’efficacité de la prise en charge selon Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé. Fermer les frontières serait contre-productif, car les gens qui veulent pénétrer dans un pays trouveront toujours des entrées informelles non réglementées pour le faire.